vendredi 21 juillet 2017

Sarracénie pourpre, une plante vorace !

Premier article d'une série qui sera en lien avec mon voyage au Québec. 

Lors d'une randonnée dans le parc national de la Pointe Taillon, nous avons eu la chance d'observer une plante carnivore, la Sarracénie pourpre



Ce parc est avant tout magnifique puisqu'il est situé sur la pointe d'une presqu'ile du Lac St Jean. Il s'agit d'un petit parc de 92 km2, accessible uniquement à pieds ou en vélo - idéal pour sa conservation. Bord du lac d'un côté, berge de la rivière Péribonka de l'autre et entre les deux une immense zone humide constituée de marais, de tourbières et de petits lacs.





Et au milieu des tourbières, une multitude de Sarracéniee pourpree, Sarracenia purpurea, plante carnivore.





Cette plante est d'ailleurs l’emblème de la province de Terre-Neuve, au Nord du Québec. Elle est originaire de l'Amérique du Nord-Est mais elle aurait été observée dans le Jura (voici un blog qui y fait référence dans les tourbières de Frasne). Au Québec, elle est appelée communément "marmite".


Un écosystème miniature

Comme la plupart des plantes carnivores, elle s'alimente d'insectes pour palier un sol pauvre en nutriment comme c'est le cas des tourbières. Avec ses feuilles en tube, l'eau de pluie s'accumule et les invertébrés viennent s'y noyer. La digestion se fait via la sécrétion d'enzymes mais aussi via les bactéries présentes dans l'eau ainsi que grâce à des larves de mouches présentes sur les feuilles !
les mouches, fourmis ou coléoptères qui se s'y noient sont découpés en plusieurs morceaux par des  larves de moucherons. La chair libérée est alors consommée par des bactéries, qui peuvent à leur tour être englouties par des rotifères. Leurs déjections alimentent alors la plante. Mais ce n'est pas tout. Des larves de mouches peuvent aussi manger les larves de moucherons, les rotifères et les bactéries.


Ce principe assez peu commun même chez les plantes carnivores (qui synthétisent généralement une enzyme capable de digérer les exosquelettes là où la Sarracénie utilise les bactéries contenues dans l'eau) a fortement intéressé le chercheur Benjamin Baiser. En effet : une retenue d'eau, la digestion par des bactéries, par des larves, des apports externes d'eau et d'insectes = un véritable écosystème lacustre miniature ! Il y a vu la possibilité de modéliser le fonctionnement trophique de certains lacs. Ainsi, il a pu y dénombrer jusqu'à 35 organismes différents au même moment (les bactéries comptant pour 1).

Une arme face aux frelons asiatiques ? 

Mouches, fourmis, limace mais parfois même lézards ou tritons se font piéger. Récemment, on a même observé que cette plante était très efficace pour piéger le frelon asiatique.

C'est le jardin botanique de Nantes qui a découvert cette propriété il y a moins de 2 ans. Elle attire le frelon asiatique sans pour autant attirer les autres espèces frelons européens, abeilles, guêpes. 


Alors bien sûr moi je reste toujours très inquiète quand on utilise et qu'on veut faire se développer une plante qui n'est pas historiquement présente dans un milieu ... Tuer un frelon qui vient d'Asie avec une plante qui vient d'Amérique, quelles conséquences sur nos écosystèmes, même si cette espèce de plante n'est pas considérée comme envahissante ?

Affaire à suivre !!

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