vendredi 28 novembre 2014

Revue de web Novembre 2014

1. Encore une contamination des poissons

Quand on cherche, on trouve.
Les chercheurs se sont penchés sur le sujet des microplastiques et en ont retrouvés dans 10% des goujons étudiés... (microfibres, microbilles, fragments)

http://www.20minutes.fr/planete/environnement/1489178-20141126-poissons-eau-douce-egalement-contamines-microplastiques

2. Moule perlière

La moule perlière est mise à l'honneur dans le journal "La Hulotte"
http://lahulotte.fr/moule_perliere_numero_101.php


3. Nombre de lacs sur terre

Première estimation précise du nombre de lacs sur terre , un article de futura-sciences

http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/actu/d/eau-premiere-estimation-precise-nombre-lacs-terre-55490/

lundi 24 novembre 2014

Conférence I.S.River

Le GRAIE et la ZABR (Zone Atelier Bassin du Rhône) lancent en 2015 la seconde édition d'I.S.Rivers qui mettra à l’honneur les fleuves et les grandes rivières du monde, notamment européens. 



Celle-ci aura lieu du 22 au 26 juin 2015 à l’Université Lyon 2.

Les thématiques abordées seront :  
  • La compréhension du fonctionnement et de l'évolution des milieux aquatiques et riverains
    plusieurs approches : physique, biologie, chimie, sciences humaines et sociales...)
  • Les services écosystémiques des grands fleuves
    fonctions, usages (alimentation en eau potable, régulation des inondations, développement touristique), potentialités, durabilité
  • Les outils et méthodologies pour appréhender la complexité des socio-écosystèmes et bâtir un cadre d'action
    les stratégies de gestion des fleuves, politiques publiques et territoriales ; la compatibilité des usages, négociation, concertation, représentation, perception, participation du public
  • Ingénierie écologique et modes d'actions
    restauration physique et écologique, remédiation (évaluation et retour d'expériences) ; continuité et connectivité longitudinales et latérales, trames vertes et bleues ; levée des pressions et stratégie de lutte contre les pollutions
  • Changements globaux
    changement climatique (thermie et hydrologie) ; pressions anthropiques directes (développement urbain, polluants émergents) ; incidence et prospective des changements ; adaptation aux changements et résilience
  • Métropoles et fleuves
    urbanisme, urbanisation et économie des fleuves ; interactions entre fleuves et métropoles et enjeux socio-environnementaux
 Retrouvez toutes les informations sur le site suivant : http://www.graie.org/ISRivers/

Pour en savoir plus sur le ZABR c'est ici

vendredi 21 novembre 2014

Evolution de la pensée : archives nationales

Hier avaient lieu les rencontres de l'eau organisées par l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne, sur le thème de la restauration des milieux aquatiques.  Je reviendrais sur l'ensemble de cette journée dans un prochain article (vous pouvez consulter les vidéos présentées lors de la journée sur la chaine youtube de l'agence, ici ).

Ce que je souhaite vous montrer en priorité, ce sont quelques pépites d'archives de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel). La journée de l'agence a en effet débuté avec une vidéo d'archive, un reportage tourné en 1975 et qui concerne les travaux d'aménagement de l'Arnon, affluent du Cher.


1. Aménagement de la vallée du Cher





Archive de l'Institut National de l'Audiovisuel

Morceaux choisis : François TERASSON, écologiste assistant au Muséum d'Histoire Naturelle dit " vous avez une rivière qui va couler beaucoup plus vite et qui donc , en été , se videra de son eau. Les berges commencent à s'ébouler ... Il fallait conserver les méandres" . Interview de pêcheurs mécontents car il n'y a plus de poissons .

Suite à ces images, lors de la journée de l'agence, le grand témoin, Jean-Baptiste NARCY, docteur en sciences de l'environnement indiquait alors que malgré la connaissance scientifique, le courant politique de l'époque était de l'ignorer  au profit d'une pensée qui considère la nature comme passive, avec un Homme qui la possède (et la modèle) par opposition à la pensée scientifique qui considère la nature autonome.

Dès lors, ces images prouvent qu'en tout état de cause, on ne peut pas dire "avant, on ne savait pas la conséquence des travaux".


2. Le remembrement

J'ai ensuite visionné d'autres reportages afin de savoir qu'elle était la vision concernant le remembrement et j'ai trouvé cette vidéo datant de novembre 1974 ... Elle a donc tout juste 40 ans. Le reportage se pose une question de société : Faut-il arrêter les remembrements inconsidérés qui défigurent les paysages?  Le film confronte point de vue d'écologistes et d'agriculteurs. L'importance des haies bocagères est évoquée.





3. La France défigurée

Ces deux vidéos sont issues d'une série nommée "La France défigurée".


Passionné par les questions liées à l'environnement, le journaliste Michel Péricard lance en 1971 avec Louis Bériot l'émission "La France défigurée" (sur Antenne 2). Au fil des émissions, les sujets font suite aux lettres des spectateurs qui accompagnent les reportage de terrain.

L'émission montre ainsi le bétonnage de Biarritz, le remembrement, la pollution des lacs, des châteaux d'eau babyloniens… Elle dénonce les papeteries polluantes à Quimperlé, les tours dans les stations de ski et les projets d'urbanisation des calanques de Marseille.

Louis de Funès, invité en 1971, prononce la phrase «La nature, c'est la seule chose qui vaille qu'on descende dans la rue !»

mardi 18 novembre 2014

Evaluer le franchissement des obstacles par les poissons

Voici un nouvel ouvrage indispensable pour comprendre les principes de franchissement des ouvrages par les poissons.

L'ONEMA a publié un document permettant de standardiser une méthode nationale d'évaluation de la franchissabilité dans le cadre de la méthode de recueil et d'analyse des Informations sur la Continuité Ecologique (ICE).


Cet ouvrage est téléchargeable sur le lien suivant : http://www.onema.fr/IMG/pdf/CPA-ICE-integralite-juillet2014.pdf


D'autre part les ouvrages CSP de la collection "mise au point" sont disponibles au téléchargement en ligne. Vous pouvez donc consulter librement l'ouvrage : "passes à poissons, expertise et conception des ouvrages de franchissement" sur le lien suivant : http://www.onema.fr/IMG/pdf/1992_040.pdf










jeudi 23 octobre 2014

Méli mélo : les barrages

L'excellente web-série "Méli-Mélo démêlons le fil de l'eau" s'arrête ce mois-ci sur l'épineux sujet des barrages. 

En plus de l'habituelle petite vidéo publiée sur youtube et que je vous partage ici, un article bien documenté explique le rôle des barrages et répond aux questions d'actualité : Les barrages sont ils favorable à l'environnement et l'hydroélectricité est-elle une énergie verte ?


La vidéo de la websérie : 




L'ensemble de ces éléments a été repris  par la revue "Sciences et avenir" dans un article mis en ligne la semaine dernière http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20141013.OBS1915/7-choses-a-savoir-sur-les-barrages.html


mardi 12 août 2014

Histoire de la typologie des cours d'eau


1. Histoire de la zonation piscicole et typologie des cours d'eau


Historiquement, la typologie des cours d'eau ne tenait compte que d'une classification géographique et de la topographie. 

1.1. Topographie

Sur le plan topographique, on distingue alors :
  • Les sources ou crénon, qui sont dans la continuité des eaux souterraines 
    • source vraie (eucrénon), issues de la nappe ou de la fonte des glaciers
    • émergences karstiques, résurgence d'un cours d'eau
A elles seules, les sources pourraient faire l'objet d'une typologie tant il existe de particularités : les sources thermales (en générale sources volcaniques) développent une biologie qui lui est propre. Idem pour les couzes qui sont considérées comme les "trop plein" des lacs dont elles sont issues (et portent d'ailleurs souvent le nom du lac dans le massif central).

  • Le ruisseau ou hypocrénon (issu de source), que l'on définit en fonction de la minéralisation et des vitesses de courant
  • Les rivières pour lesquelles on distingue 2 grandes catégories en fonction du couple érosion / sédimentation
    • le rhithral : l'érosion est dominante, température faible (salmonidés)
    • le potamal : les cours d'eau de plaine à sédimentation dominante et grande amplitude thermique annuelle (cyprinidés).
  •  L'estuaire, l'embouchure sur la mer où la salinité est variable. Par conséquent, l'estuaire n'est généralement pas inclus dans la typologie des eaux douces
Chaque cours d'eau possède une différenciation longitudinale très progressive et il est difficile de mettre des limites entre le ruisseau, la rivières, les cours d'eau de plaine etc. Et surtout, cette différenciation ne tient pas compte des éventuels accidents géologiques ou modifications humaines qui génèrent des modification du fonctionnement du cours d'eau.

1.2. Biotypologie

La zonation ne se base plus que sur le facteur "amont /aval" mais sur la biologie des cours d'eau, et les composantes physiques et chimiques du système. 

1909, LEGER traite de la capacité biogénique des cours d'eau en considérant une production potentielle en kg de poissons en fonction du type de rivière et d'un coefficient. 

1920-1930, HESSE et THIENEMANN sont les premiers à établir une zonation piscicole en parlant de zone salmonicole et zone cyprinicole qui sera alors largement reprise en pisciculture. Mais cette classification reste empirique.

1947, HUET, formule "la règle des pentes" qui établit un lien moins empirique entre la population piscicole et les pentes et largeurs des cours d'eau. 


Toutefois, il n'y a pas de prise en compte des facteurs essentiels que sont la température, la minéralisation etc. Ainsi les observations de Huet ne sont valables que pour la zone biogéographique où il a réalisé son étude. ARRIGNON en 1976 va faire évoluer le modèle en fonction d'autres secteurs géographiques. 


De plus, le choix des espèces repères est discutable. La truite peut ainsi tout à fait être présente dans la zone à ombre. La présence d'une espèce n'est donc pas suffisante pour conclure que l'observation de celle-ci correspond à une zone définie du cours d'eau. 

1963, ILLIES ET BOTOSANEANU sont les vrais pères de la biotypologie. Ils tiennent compte des zones de débits et étudient l'ensemble des espèces présentes, en particulier le macrobenthos. 
Ils reprennent en partie le vocabulaire topographique et chaque confluence d'égale importance (doublement du débit) génère un changement de type et de groupement faunistique :
  • crénon : source
  • hypocrénon : ruisseau
  • épirhithron : rivière amont
  • métarhithron : rivière medium
  • hyporhithron : rivière aval
  • épipotamon : fleuve amont
  • métapotamon : fleuve medium
  • métapotamon : fleuve aval
Ce principe des doublements de débits aux confluences est un concept qui avait déjà été développé par HORTON en 1945 est encore utilisé sous le nom de "stream order" ou range de Strahler, (STRAHLER, 1952)



1973, VERNEAUX : se base sur les travaux d'Illiès mais remarque qu'ils ne sont pas applicables à toutes les régions. En travaillant sur les macroinvertebrés et les poissons de Franche-Comté et en multipliant les stations afin d'avoir un panel statistiquement acceptable, il définit une biotypologie (probabilité de présence de chaque espèce de poissons) en fonction de nombreux facteurs physiques mais aussi chimiques : 
  • section mouillée
  • largeur du lit mineur
  • température 
  • dureté
  • hauteur d'eau moyenne
Via ses calculs, 3 variables permettent alors la description d'un cours d'eau :
  • facteur thermique
  • facteur géotrophique
  • facteur morphodynamique
Il définit ainsi 9 groupements socio-écologiques numérotés de B0 à B9 (B pour biocénotype). Les espèces qui constituent ces associations présentent des exigences écologiques proches.

1980, VANNOTE développe le "river continuum concept" qui prend en compte le degré de trophie des espèces de macroinvertebrés.  Il y a bien une variation amont / aval des paramètres trophiques.

Le lien entre toutes les typologies ainsi proposées peut  se résumer dans le tableau suivant :

source ONEMA http://www.onema.fr/IMG/Hydromorphologie/15_conn11_typol_vbat.pdf

 ZONE A TRUITE

  • 4 mètres de largeur au maximum
  • courant rapide (200 à 75 cm/sec)
  • déclivité importante (9/1000)
  • eaux toujours froides (5 à 10° C)
  • bonne oxygénation (9,5 à 1,4 mgO2/l à 20° C)
  • fond rocheux, pierreux, caillouteux
  • faune: larves d’insectes capables de se fixer aux pierres
  • présence de poissons tels que la truite fario, le goujon, le vairon, le chabot, la loche franche et la lamproie de rivière.
     
ZONE A OMBRE

  • largeur de 15 m au maximum
  • alternance de zones à courant rapide et à courant lent (75 à 70 cm/sec)
  • pente de 4,5/1000
  • température un peu plus élevée (8 à 14° C)
  • teneur en oxygène importante (7,5 à 8,5 mg – O2/l à 20° C)
  • fond composé de matériaux moins gros, cailloutis, gravier
  • plus grande variété au niveau de la faune et de la flore
  • présence de poissons tels que l’ombre, la truite, le chevaine, le hotu, le brochet, le goujon, l’ablette.

ZONE A BARBEAU

  • largeur de 40 m au maximum
  • courant modéré (25 cm/sec)
  • déclivité faible (1/1000)
  • températures plus élevées (supérieures à 20°C en été)
  • eaux moins bien oxygénées (6 à 6,5 mg – O2/l)
  • fond mou et sablonneux
  • faune et flore riches
  • présence de poissons tels que le barbeau, la vandoise, le gardon, le brochet, la carpe, le rotengle, la perche

ZONE A BRÈME

  • largeur supérieure à 40 m
  • courant lent (moins de 25 cm/sec)
  • pente quasi inexistante (0,15/1000)
  • températures élevées (30° C en été)
  • très faible oxygénation (moins de 6 mg-O2/l)
  • fond stable (limon, argile) avec une abondante végétation
  • faune très riche
  • présence de la brème, la tanche, la carpe, le sandre, l’anguille, la perche, le brochet.

 

  2. Lien avec la mythologie


Pour alléger un peu cet article dont le vocabulaire est parfois lourd, j'ai choisi de faire le lien entre la zonation d'ILLIES et BOTOSANEANU et la mythologie. Après tout, c'est l'origine même d'une partie de l'histoire !

L'étymologie nous aide à comprendre le choix de vocabulaire de description des rivières. Allons ainsi à la rencontre des Naïades, ces nymphes aquatiques de la mythologie grecque. (naïade signifie "couler"). Filles de Zeus, elles restent jeunes et belles toute leur longue vie (en moyenne, elles vivaient 9620 ans).



On distingue 4 catégories de Naïades, en fonction de l'endroit où elles vivent :
  • Les crénées ou pégées vivent dans les fontaines ( au sens de sources... Souvenez-vous, les sources sont appelées "le crénon"
  • Les héléades vivent dans les marais (les hélophytes sont les plantes caractéristiques des zones humides, ayant les pieds dans l'eau mais dont les tiges et les feuilles sont aériennes)
  • les limnades vivent dans les lacs (l'adjectif limnique s'applique pour décrire un écosystème de lac mais aussi l'ensemble des systèmes continentaux d'eau douce)
  • les potamides vivent dans les rivières et les fleuves
Notons que l'origine grecque et donc les noms des nymphes reviennent souvent en hydrobiologie, notamment dans le nom des macroinvertebrés. ces noms décrivent souvent leur mode de vie.


La nymphe Astacidé (comme Astacus l'écrevisse...) provient d'un lac du nord de l'Anatolie
Les limnées sont des gastéropodes d'eau douce ... Drôle d'évolution pour une naïade....



*** Cet article est largement inspirée du cours de Jean Verneaux de DESS de Besançon 2003, complété grâce à la publication de l'association internationale de limnologie théorique et appliquée "problèmes et méthodes de classification et de la zonation écologique des eaux courantes, considerées surtout du point de vue faunistique" publié par ILLIES et BOTOSANEANU en 1963. 

L'ONEMA a publié une plaquette sur la typologie des cours d'eau à télécharger ici 

L'ouvrage de l'IRSTEA sur la typologie des cours d'eau français (2006) est téléchargeable ici


 

mardi 1 juillet 2014

Journée technique - Gestion des sédiments et continuités dans les cours d’eau avec barrages

La chaire d'excellence "Grandes Retenues et qualité des eaux" organise sa première journée technique et scientifique sur le thème de la continuité et de la gestion sédimentaire  dans les cours d'eau avec barrages. 

Elles se dérouleront le 1er octobre 2014 à Limoges, à l'École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Limoges, Amphithéâtre B ENSIL, ESTER Technopole.



Voici le lien vers la plaquette qui vous donnera toutes les informations pratiques pour l'organisation de cette journée. 

Voici quelques uns des sujets abordés : 
- Les concepts de la continuité sédimentaire et altérations par Jean-Noël Gauthier (AE LB)
- Recommandations en cas de travaux sur des sédiments aquatiques contaminés par Yves Gouisset (DREAL Rhône Alpes)
- Méthodologies d’évaluation des stocks sédimentaires – projet EDIFIC par Emmanuel Chapron (Univ. Orléans)

Des tables rondes permettront de répondre aux questions de la gestion des sédiments contaminés par exemple.  

L'inscription coute 50 euros et se fait via le bulletin disponible sur le  lien suivant www.unilim.fr/grese/files/2014/06/Bulletin-dinscription-journee-sediment-Limoges.doc


Revue de web juin 2014

Nouveau nom pour cette rubrique... En effet, au delà de la presse, c'est mon tour du web que je résume dans cette page ... Les actualités / sites / info qui m'ont marquée ce mois-ci.


1. Des araignées qui aiment les sushis

Une étude éditée dans la revue Plos One fait état de l’existence d'au moins  18 espèces d'araignées dans le monde, capable de "pêcher" des poissons ! Se déplaçant au bord des cours, capables de nager pour certaines d'entre elles, elle pique le poisson et lui injecte une neurotoxine le tuant en quelques secondes. 


2. Méli-Melo

 2ème épisode de la web série Meli-Melo : Sors de ton lit ! 





 3. Victoire de l'écrevisse à pattes blanches... ou pas

Le mois dernier, je vous faisais part dans la revue de presse d'une affaire ayant cours en Ariège. Une commune était jugée pour avoir effectué des travaux préjudiciables à la faune d'un cours d'eau sans prise en compte d'une espèce patrimoniale. 

Le verdict a été rendu et la commune a été condamnée pour " «mise en place sans autorisation d’ouvrage nuisible au débit des eaux ou au milieu aquatique et exécution de travaux nuisibles au débit des eaux ou aux milieux aquatiques».
En 2010, la mairie  recouvrait le ruisseau de Gramounal qui se jette dans l’Arize pour aménager un chemin (busage de 200 m de cours d'eau). 

La commune est condamnée à payer 20.000 € d'amende avec sursis et devra s'acquitter des dommages et intérêts (750€) réclamés par les parties civiles, deux associations écologiques, et payer les frais d'avocats (600€).

Excellente nouvelle me direz-vous ... Mais une amende avec sursis est une peine dissuasive ... A aucun moment l'obligation de remise en état du cours d'eau n'est évoquée en revanche ... 

http://www.ariegenews.com/ariege/faits_divers/2014/78034/tribunal-correctionnel-de-foix-l-ecrevisse-a-patte-blanche-remporte-le.htmlhttp://www.ariegenews.com/ariege/faits_divers/2014/78034/tribunal-correctionnel-de-foix-l-ecrevisse-a-patte-blanche-remporte-le.html

4. Rencontres "Eaux pluviales, gestion intégrée"

Le 8 avril dernier, j'étais au Mans afin d'assister aux rencontres de l'agence de l'eau concernant la gestion intégrée des eaux pluviales. Voici le lein vers l'ensemble des diaporamas présentés.

http://www.eau-loire-bretagne.fr/les_rendez-vous_de_leau/les_rencontres/rencontres_2014#RE_EP


vendredi 27 juin 2014

Secrets de rivière

Au hasard d'internet, j'ai découvert ce très joli documentaire "Secrets de Rivière".

Cette vidéo a été partagée par la Direction générale opérationnelle "Agriculture, ressources naturelles et Environnement" de Wallonie. Elle explique l'ensemble des composants de la rivières : faune, flore, embâcles, vitesses, profondeurs, berges, minéraux etc. Elle a été réalisée par l'université de Namur, unité de rechercher en biologie des organismes. Le scenario rédigé par Philippe LAFORGE et Jean-Claude MICHA.

De belles images, d'une part, que ce soit au dessus ou en dessous de la surface de l'eau ... Mais surtout un bon rappel de la mosaïque d'habitats nécessaires à une faune et une flore diversifiée. Un bonne vidéo pour expliquer l'importance de la qualité physique pour le bon fonctionnement d'un cours d'eau.

mardi 24 juin 2014

Rencontres "restauration des milieux aquatiques"

L'agence de l'eau Loire Bretagne organise une rencontre sur le thème "Restauration des milieux aquatiques : Evolution des pratiques et des acteurs".

Elle se déroulera à Tours le 20 novembre 2014.


Vous pouvez vous inscrire en ligne avant le 12 novembre, sur le lien suivant .

Pour découvrir le programme de cette journée, axée sur le retour d’expériences en restauration des mieux aquatiques, vous pouvez consulter le pdf de l'agence de l'eau ici


mercredi 18 juin 2014

Basses vallées angevines RAMSAR

Ma petite région compte un des joyaux des sites classés "RAMSAR" : les basses vallées angevines. 

L'occasion pour moi de faire un billet sur le blog pour les présenter et rappeler ce qu'est un site RAMSAR. 

1. RAMSAR


Ramsar est le nom d'une convention sur les zones humides créée en 1971. Un ensemble d'état ont signé un traité afin de s'engager à conserver les zones humides et à les utiliser de manière durable.

Voici une petite vidéo simple de présentation de RAMSAR.



168 pays sont contractants et possèdent au moins une zone humide "Ramsar". La liste des zones humides reconnues d'intérêt international s'élève ainsi à 2182 pour 208 585 941 hectares ! 

Pour connaître la liste mondiale de toutes les zones humides Ramsar, voici le lien à jour au 11 juin 2014 : http://www.ramsar.org/pdf/sitelist.pdf
Peut-être existe - -il un site dans votre région ? 

2. Exemple : Les basses vallées angevines

Les basses vallées angevines sont classées en Zone de Protection Spéciale(ZPS), et ont intégré le réseau Natura 2000. Elles ont été classées en Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF)  (ZNIEFF) et sont reconnues comme zone humide d'importance internationale par la convention Ramsar.

Au nord d'Angers, 3 grands cours d'eau confluent pour créer la Maine : la Sarthe, la Mayenne et le Loir. La superposition des lits majeurs communs de ces trois fleuves génèrent une vaste plaine alluviale inondable, un champs d'expansion de crues qui se trouve ennoyé tous les hivers pour une durée variable. La Maine, dans sa traversée d'Angers est très ceinturée mais son champs d’expansion de crue devient de nouveau important dès la sortie d'agglomération jusqu'à la confluence avec la Loire. Ainsi la Maine est le seul cours d'eau n'ayant ni source ni estuaire !


D'une superficie de 6,7 hectares, ces prairies inondables font partie de l'inventaire RAMSAR depuis 1995.

Plaine d'inondation des basses vallées angevines (source courrier de l'ouest- )
Pour juger de l'importance du réseau de grands cours d'eau du bassin de la Maine, on peut observer la formation de l'île Saint Aubin, à la confluence des fleuves, en amont de la Maine.
Ile St Aubin, carte issue de wikipedia

Les Basses Vallées Angevines sont constituées d'une grande variété de milieux naturels : prairies, bocages, mares et haies, qui, associés aux inondations, confère au site une grande importance pour les oiseaux aux différents stades de leurs cycles biologiques : reproduction, alimentation, halte migratoire, hivernage. Les prairies inondées sont favorables à l'escale des oiseaux migrateurs. C'est pourquoi le site est géré par la Ligue de Protection des Oiseaux (70% de la population française du Râle des Genets se reproduit dans les basses vallées).

Bien évidemment, le site n'est pas moins intéressant pour la flore. Les basses vallées angevines sont un site de choix pour la fritillaire pintade

Fritillaire pintade, photo hydrobioloblog
Le site est aussi exceptionnel pour la reproduction du Brochet.

Photos

Cependant, cet équilibre reste fragile face à des facteurs d'évolution variés comme la diminution du nombre d'agriculteurs ou le changements de pratiques agricoles, le développement des peupleraies, l'urbanisation, la création d'infrastructures ou le développement des loisirs...

Pour découvrir ce site, plusieurs sites d'accueil

La maison de la Confluence, LPO Anjou : www.lpo-anjou.org
La maison de l'environnement :  www.angers.fr/md
La maison de l'Ile Saint Aubin :  www.angers.fr/vie-pratique

La coordination est assurée par la LPO. 

dimanche 15 juin 2014

Rencontres migrateurs 2014 + guide entretien passes à poissons

1. Rencontres Migrateurs 2014


Tous les deux ans, l'association Loire Grands Migrateurs (LOGRAMI) nous donne rendez-vous pour des rencontres autour de son sujet de prédilection : les poissons migrateurs. 

Je me rends à ces passionnantes journées depuis la 3ème édition, en 2005 !


La 7ème édition vient d'être dévoilée. Les Rencontres Migrateurs 2014 se tiendront les 5 et 6 novembre 2014 à Poitiers.

Le thème de cette année sera : 

"Les habitats écologiques des poissons migrateurs hier, aujourd’hui et demain."

L'ensemble du programme et les informations concernant l'organisation seront bientôt disponibles sur le site Migrateurs Loire 

2. Guide pour l'entretien des dispositifs de franchissement

Pour patienter jusqu'à ces dates, je partage un document rédigé par le LOGRAMI et édité par le tableau de bord Anguille, un guide de gestion et d'entretien des dispositifs de franchissement des ouvrages pour les poissons. (HILAIRE M., SENECAL A., BESSE T., BAISEZ A., 2013. Guide de gestion et d’entretien des dispositifs de franchissement des ouvrages pour les poissons. LOGRAMI, 63 pages.)

Le document est disponible dans sa totalité sur le lien suivant http://www.migrateurs-loire.fr/IMG/pdf/logrami_-_guide_d_entretien_des_dispositifs_de_franchissement.pdf

Un guide très documenté qui revient sur la législation en vigueur,  les règlementations, les principes généraux de fonctionnement des dispositifs pour ensuite traiter le sujet de l'entretien en incluant une notion importante de coût.

Et afin que ce soit plus didactique, le LOGRAMI met aussi à disposition le diaporama de synthèse de ce guide. C'est ici




samedi 14 juin 2014

Barrages de Vezins sur la Sélune

Voici un exemple de barrage de très grande dimension qui sera normalement démantelé afin de rétablir la continuité écologique. Un projet d'une telle envergure est quasi unique au monde...

1. La Sélune et ses barrages

La Sélune est un fleuve côtier de la Manche, se jetant dans la baie du Mont St Michel. Il s'agit d'un cours d'eau majeur pour la reproduction du Saumon atlantique.

Le cours de la Sélune est barré par deux barrages hydroélectriques : Vezins (construit en 1926) et de La Roche-qui-Boit (1916). Ce dernier assure un rôle d’ouvrage de « compensation» permettant de lisser les débits du cours d’eau aval lors des lâchers d’eau depuis Vezins. Depuis leur mise en service, les deux barrages connaissent une sédimentation importante et en augmentation. Certains de ces sédiments sont pollués par de l’arsenic et des métaux lourds en raison de rejets industriels antérieurs dans l’Yvrande (affluent de la Sélune à hauteur de la retenue de Vezins).


Les dimensions du barrage de Vézins donnent le vertige : 36 mètres de haut pour 278 mètres de long. 

2. L'arrêt de la concession

Le 13 novembre 2009, l’État a annoncé qu’il ne reconduirait pas la concession et qu’il convenait d’effacer les deux barrages, pour deux motifs dont le non-respectserait susceptible de constituer à compter de 2015 une source de non-conformité des masses d’eau concernées par rapport aux exigences de la directive cadre sur l’eau :

    • l’obligation de garantir la libre circulation des espèces piscicoles et l’impossibilité d’aménager des installations permettant la montaison et la dévalaison des poissons migrateurs
  • la qualité des eaux dont l’état actuel impose une amélioration.
La décision administrative correspondante a été prise le 3 juillet 2012 par le préfet de la Manche.

Avant de démanteler le barrage, l'opération la plus délicate consistera à vidanger le barrage. En effet, 1,8 millions de mètre cube de sédiment sont actuellement stockés dans les barrages. La dernière vidange de 1993 avait provoqué une grave pollution de la baie du Mont St Michel, placé à 30 km en aval. Cette vidange se fera de manière très progressive.

De nombreuses études sont en cours afin que cette vidange soit la mieux maîtrisée possible. Les poissons sont par exemple en cours d'analyse afin de mesurer les taux de contamination par les métaux lourds dans les chairs.

L'étude globale avec les modalités de démantèlement et suivi du projet a été soumis à l'Autorité Environnementale qui a rendu son avis le 23 avril 2014. L'avis de l'ae au sujet de l'étude est disponible ici.

On y retrouve une synthèse du projet, de l'historique et des modalités de renaturation de la Sélune.

Le planning des travaux
2014 : stabiliser les sédiments de l’Yvrande
2015 : faire travailler la rivière pour libérer le lit mineur du secteur amont de la Sélune ; libérer par dragage le lit mineur du secteur médian de la retenue de Vezins
2016 : vidanger Vezins, stabiliser le plan d’eau à une cote intermédiaire ; terminer le nettoyage de la Sélune dans la retenue de Vezins
2017 : démanteler le barrage de Vezins ; vidanger et traiter les sédiments de la retenue de la Roche-qui-boit
2018 : démanteler le barrage de la Roche-qui-boit.

3. Reportage de l'agence de l'eau Seine Normandie

Le reportage suivant présente deux projets exemplaires de démantèlement de très grands barrages. Après avoir rappelé le contexte règlementaire, l'explication des projets à l'échelle de la France sont expliqués et notamment l'engagement d'EDF. Ensuite, 2 exemples sont donnés : Le barrage de la Sélune et le barrage de Poutès.


samedi 7 juin 2014

Revue de presse Mai 2014

1. Quand Comté AOC ne rime pas avec bonne qualité des rivières

Les fortes mortalités de poisson dans les rivières comtoises suscitent de nouvelles études et recherches des causes de pollution sur le territoire.
Un article explique clairement comment les changements de mode de production et surtout la course à la quantité dégradent la qualité des rivières.... 

Article ici

2. Le développement de l'hydroélectricité perd une bataille

Le conseil constitutionnel censure un recours des partisans de l'hydroélectricité qui souhaitaient une discussion concernant les classements des cours d'eau.

Article ici

Et en Suisse, les pêcheurs dénoncent les éclusées. 

Article ici

3. Un procès pour la protection des écrevisses à pieds blancs

Quand une ville met en place un busage de cours d'eau sans tenir compte de la fragilité de ce dernier, l'ONEMA intervient et pour une fois, ça va jusqu'au procès... Affaire à suivre. Attendons le 24 juin pour le délibéré... 

Voici l'article : 






jeudi 1 mai 2014

Journée technique " Pollution des milieux aquatiques par les substances dangereuses - Connaissance et leviers d'action "

L’Association Rivière Rhône Alpes organise une journée technique d'information et d'échanges sur le thème : « La pollution des milieux aquatiques par les substances dangereuses : connaissances et leviers d’action ». Elle se déroulera le lundi 12 mai 2014 à Lyon (6ème).







Objectifs

• Améliorer les connaissances sur les substances dangereuses dans les eaux de surface, les eaux souterraines et les sédiments.
• Présenter les réseaux de mesure existants et les outils qui peuvent être mobilisés par les gestionnaires pour faire un état des lieux sur leur bassin versant.
• Présenter des retours d’expérience visant à mieux connaitre les polluants et à lutter contre.

Programme 



09h00 Accueil des participants

09:30 Contamination des milieux aquatiques par les substances dangereuses : de quoi parle-t-on ?
Qu’est-ce qu’une substance polluante et quelles sont les raisons de sa dangerosité pour les milieux aquatiques ?

Après un rappel de ces notions de base, l’Agence de l’Eau détaillera les mesures prévues dans le SDAGE pour lutter contre ces pollutions, et leur mise en œuvre au travers du programme « Sauvons l’eau ».
Thomas PELTE - Agence de l’Eau RM&C

10:30 Evolution règlementaire de la prise en compte de la pollution des milieux aquatiques par les substances dangereuses .

Comment les micropolluants ont-ils été appréhendés dans la réglementation au cours des dernières années ?
Geneviève GOLASZEWSKI- DREAL Rhône-Alpes

11:15 Retour d’expérience sur les suivis RSDE à l’échelle du bassin Rhône Méditerranée
Présentation des outils de l’Agence de l’Eau pour lutter contre les pollutions. Bilan de la mise en œuvre des premières campagnes de suivi RSDE à l’échelle des stations d’épuration et des sites industriels du bassin Rhône Méditerranée.
Céline LAGARRIGUE – Agence de l’Eau RM&C

12:00 Déjeuner

14:00 Un exemple d’opération collective pour l’atteinte du « bon état » des eaux des bassins versants du Beaujolais.

L’Agglomération Villefranche Beaujolais, le Syndicat Mixte des Rivières du Beaujolais, la Chambre des Métiers du Rhône, la CCI du Beaujolaiset l’Agence de l’Eau RM&C se sont associés autour d’une opération collective pour réduire les pollutions par les micropolluants sur les rivières de l’agglomération. Ces actions s’organisent autour de la réduction des rejets d’eaux usées des industries et des collectivités, et sur l’amélioration des connaissances de la qualité des milieux aquatiques récepteurs.
Gaël LORINI – Villefranche Beaujolais Agglomération
Grégoire THEVENET – Syndicat Mixte des Rivières du Beaujolais

15:00 L’identification, le suivi et la résorption des pollutions par les substances dangereuses dans le cadre du SAGE Drac-Romanche

La qualité de l’eau, notamment sur la partie aval du bassin versant Drac Romanche, est affectée par la présence de substances dangereuses. Cette qualité a un impact sur les milieux naturels et sur certains usages. Dès l’élaboration du SAGE en 2003, il a été nécessaire de définir les substances devant faire l’objet d’un effort prioritaire.
Aurélie CAMPOY – Secrétariat de la CLE Drac Romanche 

16 : 00 fin de journée

Le programme, plan du site et bulletin d'inscription peuvent être téléchargés ici

vendredi 25 avril 2014

Syndicat de rivière

2014, année électorale et j'ai décidé de donner de mon temps à ma commune, quel meilleur moyen pour agir que de passer du côté des décisionnaires ? Ainsi en mars dernier, je suis devenue 3ème adjointe de ma commune (1800 habitants).

Elle siège dans un syndicat de rivière et je suis donc aussi déléguée à ce syndicat.  L'occasion pour moi de vous expliquer ce qu'est un syndicat de rivière. 

1. Définition

Les syndicats de rivière sont des structures publiques qui regroupent des communes et des communautés de communes (les conseils généraux et régionaux peuvent aussi être adhérents de syndicats de rivière). 

Au moins un représentant de chaque commune siège au comité syndical afin d'administrer le syndicat. Les plus gros syndicats de rivière peuvent avoir des salariés du type techniciens de rivière, etc afin de gérer la mise en œuvre technique des projets.

Sur un bassin versant donné, les collectivités délèguent ainsi la compétence "rivière" au syndicat en leur confiant l'étude et la gestion équilibrée des milieux aquatiques. Ces structures ont été crées notamment pour mettre en place une gestion cohérente sur le plan environnemental, à l'échelle d'un bassin versant  (et non plus de la commune comme c'était le cas autrefois).

Parfois plusieurs syndicats de rivière peuvent eux-même être réunis en une union de syndicat pour encore plus de cohérence à l'échelle supérieure.




2. Missions et actions 

Les missions d’un syndicat de rivière portent sur la gestion de la rivière et de ses affluents, et plus particulièrement :
  • l’entretien du lit et des berges d’une rivière,
  • la lutte contre les pollutions,
  • la restauration des milieux,
  • la lutte contre les inondations,
  • l’animation de la politique locale sur le thème de l’eau et de la rivière,
  • l’assainissement, etc.
Ce sont les syndicats de rivière qui, par exemple, élaborent et réalisent les travaux des Plans d'Entretien de la Végétation et des berges des cours d'eau. Ce sont aussi souvent ces structures qui coordonnent les SAGE et les contrats de rivière, mènent les études de connaissance et réalisent certains travaux.

 3. Exemple : l'Erdre



2 syndicats se partagent le travail sur l'Erdre : un pour la partie amont et l'autre pour l'aval ( avec comme spécificité la mise en place d'un SAGE Estuaire puisque l'Erdre  est le dernier affluent rive droite de la Loire.

Je siège au syndicat de l'Erdre amont ... Créé en 1982, le Syndicat Intercommunal de l'Erdre amont est devenu « Syndicat Intercommunal ERDRE 49 » en 2008 et regroupe 9 commune.

L'objectif principal du Syndicat est de mettre en application les directives européennes concernant l'eau. EN 2012, l'Erdre et ses affluents ont donc fait l'objet d'une étude approfondie qui débouchera à partir de 2014 aux travaux permettant d'atteindre le bon état écologique. Des propositions d’arasement de seuils ou encore de diversification des fonds ont ainsi été proposés.

De nombreux exploitants agricoles siègent dans ces syndicats de rivière puisque les communes ici sont très rurales. A ce titre le syndicat rappelle bien que certaines habitudes doivent changer. En effet, les riverains avaient souvent l'habitude de curer les cours d'eau, faire des barrages l'été et laisser les animaux boire dans la rivière. Aujourd'hui, aucune intervention de la sorte ne peut être faite sans en faire la demande au syndicat. Le syndicat devient alors parfois un interlocuteur entre la population est la police de l'eau.

Les études d'inventaires des zones humides ont aussi été mandatées par le syndicat et réalisées par un bureau d'étude indépendant.

mercredi 9 avril 2014

Revue de presse Février, Mars 2014

J'ai un peu trainé à diffuser cette revue de presse... Ce sont donc les actualités qui m'ont marquée en février, mars ... voire un peu avril !

1. Sotchi : le revers de la médaille


Sotchi : compétition olympique la plus polluante de l'histoire. Voici un article du monde avec les photos satellites avant / après ... Sotchi est un parc naturel protégé où aucune construction n'était possible depuis 1983 ... En janvier 2007 (l’année où la Russie a obtenu les Jeux), la loi sur la protection des aires naturelles a été amendée pour ouvrir ce parc aux constructions ! http://www.lemonde.fr/jeux-olympiques/article/2014/02/03/sotchi-avant-et-apres-les-chantiers-pharaoniques-des-jo_4345536_1616891.html

Les photos suivantes sont celles de la rivière Mzymta aménagée pour les jeux.Anciennement rivière à tresses.






2. Les polluants chimiques détruisent le génome des poissons

C'est ce que révèle une étude publiée dans sciences et avenir. L'étude a été menée sur un poisson assez commune de nos rivières, l'épinoche. les substances toxiques affectent l'ADN des poissons et perturbent leur reproduction.

http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20140114.OBS2328/les-polluants-chimiques-detruisent-le-genome-des-poissons.html


3. Les départements verts

Une carte interactive a été publiée, classant les départements en fonction de critères environnementaux tels que : 
- qualité de l'eau
- qualité de l'air
- suivi de l'agenda 21
- ...

 http://www.lavie.fr/webdocumentaires/palmares-ecologie-2013/le-palmares-2013-de-l-ecologie-en-france-13-11-2013-46442_554.php




 
4. Pollution du Dessoubre (25), ça date pas d'hier !

Le blog de la Loue révèle dans son article du 8 avril des archives qui prouvent que l'alerte est données sur le Dessoubre depuis ... 1988 ...

L'article ici : http://blog.france3.fr/vallee-de-la-loue/2014/04/08/dessoubre-lalerte-avait-ete-donnee-des-1988.html


5. Y'a quoi dans le poisson ? 

Un superbe concept de photos de "l'intérieur" des poissons.
Je vous laisse découvrir sur le site "the art of science"

http://www.theguardian.com/environment/gallery/2014/feb/07/art-photography-interiors-of-fish#/?picture=428882607&index=10




lundi 7 avril 2014

Tortue olivâtre

De retour du Costa Rica, je viens vous raconter cette merveilleuse expérience que j'ai vécue sur une plage de la côte pacifique : assister à ce spectacle incroyable qu'est une "arribada" de tortues olivâtres ...



1. La tortue olivâtre

Lepidochelys olivacea

Lepidochelys olivacea
Il s'agit de la plus petite espèce de tortue marine puisqu'à l'age adulte elle ne mesure "que" 60-70 cm pour un poids de 60 kg. Comme toutes les tortues marines, elle est protégée à l'échelle internationale (depuis 1981, toutes les tortues marines sont inscrites à l'annexe 1 de la convention de Washington).



En France, elle bénéficie de plan de restauration en Guadeloupe, Martinique et il est intéressant de noter que le site le plus important de ponte de tortues marines à l'échelle mondiale se situe en Guyane.

Répartition de présence de tortues olivâtres : source http://www.reseau-tortues-marines.org


Elles sont omnivores, atteignent leur maturité sexuelle vers 8 ans pour une durée de vie indéterminée mais qui peut atteindre certainement plus de 60 ans.

Elle doit son nom à la couleur de sa carapace, en anglais elle se nomme parfois "Ridley".

2. Les arribadas : l'arrivée des tortues


Les pontes sont d'autant plus spectaculaires qu'elles se font de manière massive, sous forme d'arribadas (arrivées). Elles arrivent donc à plusieurs milliers, synchronisées, à la tombée de la nuit durant 2-3 jours par mois (on pense à un phénomène lié au cycle lunaire).




Voici une vidéo d'une arribada vue du ciel, au Mexique. 


 A Ostional, en mars 2014, nous avons assisté à une "petite arribada" de seulement quelques centaines de tortues.


Après quelques heures, celles qui arrivent croisent celles qui partent.


3. La ponte


La tortue remonte jusqu'à la partie sèche du sable et commence à creuser avec ses pattes arrière. Elle utilise ses nageoires de manière à former un godet.


Le trou pourra mesurer jusqu'à 50 cm de profondeur. Une fois le trou creusé, la tortue entrera dans une phase de transe durant laquelle elle va pondre une cinquantaine d’œufs. Elle se reposera ensuite quelques minutes avant de recouvrir ses œufs et camoufler la zone en tapant le sol avec la face ventrale de sa carapace.




Comme vous l'avez compris, les tortues sont très nombreuses à pondre et lorsque les tortues de la seconde journée arrivent, elles déterrent souvent les pontes de la veille...


Ce qui n'est pas pour déplaire aux vautours qui se délectent des œufs !




Une fois la ponte terminée, la tortue retourne tranquillement vers l'océan, laissant sur le sable leur trace caractéristique.



La durée d'incubation est d'environ 60 jours mais est dépendante de la température du sable. Il en est de même pour la sexuation de la petite tortue. Plus la température est élevée, plus le taux de femelles sera important. Au delà de 35°C, la température est létale et l’œuf ne pourra pas éclore.

4. Les prélèvements d’œufs


Sur cette côte du Costa Rica, les tortues ne sont pas consommées et les villageois sont très sensibilisés à la protection des tortues. Ce sont souvent les villageois eux-même qui patrouillent sur les plages pour limiter le braconnage en période d'arribada. Toutefois, il est de coutume locale de consommer les œufs qui sont très riches en protéines et à forte valeur nutritive (et ont un goût d’œuf de poisson).

les scientifiques ont démontré que :
- les oeufs de la première journée d'arribada sont déterrés en majorité par les tortues des journées suivantes.
- les pontes hivernales ont très peu de chance d'éclore puisqu'il s'agit de la saison la plus chaude et que la température est létale pour les oeufs.
- les pontes qui n'arrivent pas à éclosion pourrissent et sont favorables à un développement bactérien et fongique qui peut mettre en péril les pontes suivantes.

Pour toutes ces raisons, il existe une tolérance qui permet aux villageois de continuer à prélever des œufs de tortues, directement dans les nids après le départ des tortues de la première journée. De plus, cela permet d'impliquer encore plus les locaux à la nécessité de protéger les tortues. En plus du prélèvements d’œuf, les villageois nettoient les plages des plastiques et autres déchets néfastes aux tortues.

Au lever du soleil, tout le monde se réunit sur la plage, en famille. Les femmes et les enfants cherchent les nids et creusent.




Les hommes repartent avec des sacs de plusieurs kilo remplis d'oeufs...


Les œufs sont pour certains revendus à plusieurs centaines de kilomètres, voire dans les pays voisins. Mais une grande quantité reste consommée localement.

Le prélèvement demeure un moment important du folklore local (et ça valait le coup de se lever à 5h du matin pour y assister et faire de belles photos au lever du soleil !)



Pour en savoir plus : l'association des guides locaux d'Ostional
https://www.facebook.com/Asociacion.Guias.Ostional