mardi 25 juin 2013

Yellow water Kakadu national park

A l'approche des vacances, voici un sujet plus léger : une invitation au voyage et l'occasion pour moi de vous faire connaître l'un des endroits au monde qui m'a le plus séduit au cours de mes voyages...

Nous partons donc de l'autre côté du globe, en Australie, Territoire du Nord, dans le "KAKADU NATIONAL PARK". Il s'agit d'un parc classé au patrimoine mondial de l'unesco pour son patrimoine naturel et son patrimoine culturel. Bien que le patrimoine culturel soit tout aussi passionnant, aujourd'hui je vais vous parler d'une bribe du patrimoine naturel, et d'un site en particulier : Le billabong de Yellow water (Yellow water Billabong), immense zone humide du bassin versant de la South Aligator River ... Les noms sans équivoque invite déjà au voyage. 

En septembre 2012, aux aurores, nous sommes donc partis pour une balade aquatique à bord d'une petite embarcation à fond plat. 2h de découverte d'une nature à couper le souffle.




Aux premières lueurs du jours, on observe le plus d'animaux. La température en plein après midi pouvant atteindre 40°C, c'est le moment idéal pour se nourrir, se déplacer. Sur la photo suivante, au sommet de l'arbre mort, un cormoran à long cou Anhinga melanogaster novaehollandiae.

 

Près de 60 espèces  d'oiseaux ont été recensées dans ce billabong (un billabong est un méandre mort). On dénombre par exemple 5 espèces de martin pêcheur.

Un autre animal attire forcément notre attention... Le "salt water crocodile", crocodile de mer Crocodylus porosus, pouvant atteindre plus de 5 m de long et se nourrissant volontiers de chaire humaine. Les eaux du billabong sont des eaux douces mais ce crocodile peut alterner son mode de vie entre la mer et une remontée en cours d'eau.





  

La rencontre avec le Jabiru d'Asie Ephippiorhynchus asiaticus, ne nous laisse pas indifférents, surtout quand on sait que la puissance de son bec en fait le seul animal à pouvoir tuer un crocodile...



La Canaroie semipalmée Anseranas semipalmata est une espèce très courante dans cet habitat du nord de l'Australie. Elle est totalement encrée dans la vie des aborigènes qui ont coutume de collecter les œufs. Toutefois, l'espèce est protégée (comme la très grandes majorité des espèces présentes dans le billabong). 





 Les canards sont eux aussi fréquent en bordure Dendrocygna eytoni.


Les nénuphars roses à feuilles géantes offrent un ombrage intéressant pour les poissons, et notamment le Baramundi, poisson commun et très pêché dans ce secteur.




 Le pélican à lunette Pelecanus conspicillatus, peu farouche est lui aussi très présent.



 Le spatule d'Australie, espèce quasi endémique Platalea regia.


Pygargue blagre (Haliaeetus leucogaster)


   

Voilà donc quelques photos d'un site enchanteur ... Un milieu non perturbé  présentant une incroyable diversité d'espèces végétales et animales. Si un jour vous avez l'occasion d'aller en Australie, faites un détour par le Kakadu National Park.



jeudi 20 juin 2013

Procambarus Clarkii : la peste rouge

Ce n'est pas la première fois que je vous parle de l'écrevisse de Louisiane dans le blog mais je tiens à ce que vous compreniez à quel point cette espèce est problématique.

Je reviens juste des 1ères rencontres sur les écrevisses exotiques qui ont eu lieu au PNR de Brière où cette espèce a largement été évoquée. Voici quelques exemples qui ont été cités lors de ce colloque.

Si il est quasi impossible de l'éradiquer aujourd'hui, ma sensibilisation aura pour objectif de vous démontrer l'intérêt de préserver les milieux, qui peuvent encore l'être, de cette petite bête.

1. La colonisation des étangs de Brenne 

Pour commencer voici un documentaire du réalisateur Fabien Mazzocco, vous présentant l'impact terrible sur la biodiversité dans les étangs de la Brenne.



La Brenne n'est pas un secteur isolé... Aujourd'hui de nombreux étangs de plaine sont colonisés par les écrevisses de Louisiane (dont ceux de Brière). 

2. Règlementation

Voici une diapositive issue d'une présentation de l'ONEMA : il s'agit de la règlementation concernant les écrevisses de Louisiane


Bien entendu, les gens ne sont pas toujours conscients des conséquences que peuvent avoir le transport vivant d'une telle espèce. Ils ne sont même pas toujours conscients d'être en infraction lorsqu'ils les pêchent et les déplacent... N'hésitez pas à relayer l'information afin de ne plus entendre ce type d'excuses face à des erreurs irrattrapables.

En aquariophilie, on observe de plus en plus d'espèces d'écrevisses exotiques. Là encore, diffusez l'information.

Par exemple, ces petites annonces sont totalement illégales puisque la commercialisation de cette espèce et son transport vivant sont soumis à autorisation ...




3. Expansion

D'après la publication suivante

COLLAS, M., JULIEN, C., MONNIER, D., 2007, Note technique : La situation des écrevisses en France. Résultats des enquêtes nationales réalisées entre 1977 et 2006 par le Conseil Supérieur de la Pêche, Bulletin Français de la Pêche et de la Pisciculture, n° 386, p. 1-39.



La mise à jour 2012 de cette carte sera prochainement publiée et nous pourrons y voir plus encore de départements touchés. Remarquez la vitesse de colonisation et de propagation de l'espèce...

samedi 15 juin 2013

Réintroduction d'écrevisses à pieds blancs


1. L'élevage de la citadelle de Besançon

La citadelle de Besançon est le siège d'un zoo et d'un aquarium. Cet aquarium a la particularité d'être l'un des rares à avoir mis en place un programme de conservation de l'écrevisse à pattes blanches. Ce programme s'inscrit notamment dans un projet qui est né en 2008 visant à mettre en place des mesures compensatoires liées aux travaux de l'A89. 

En effet, ces travaux impactaient le linéaire de deux petits cours d'eau abritant l'écrevisse autochtone (protégée). D'une part des actions de sauvegardes sur site ont été prévues mais compte tenu de la grande fragilité de l'espèce, un plan de sauvegarde hors du site a lui aussi été organisé, en vue de réintroduire l'espèce après les travaux. Le Muséum de la Citadelle de Besançon avait déjà réussi l'élevage d'écrevisses à pattes rouges (Astacus astacus) autre espèce patrimoniale. 

Il est alors sollicité par le Conseil National de la Protection de la Nature. Après prélèvement dans leur milieu naturel en 2008, 70 géniteurs de chaque ruisseau ont alors été transférés à l’Aquarium de la Citadelle. 

Écrevisses dans leur abris - crédit photo Muséum de Besançon

 En 2011, l'élevage dénombrait plus de 800 écrevisses nées en captivité, un véritable succès et une première européenne en milieu dit fermé. Au final, les travaux n'ont pas impacté la population présente dans les cours d'eau concernés par le passage de l'A 89. 

Toutefois, des opérations de réintroduction ont tout de même été menées dans un cours d'eau similaire présentant des caractéristiques très proche du cours d'eau initial et dont la qualité de l'eau et de l'habitat sont totalement favorables à l'espèce. Le 7 mars 2011, 300 écrevisses ont été réintroduites dans le milieu et 50 d'entre elles ont été munies de puces électroniques permettant de suivre la recolonisation du cours d'eau. Pendant ce temps à la citadelle, le programme d'élevage continue.

la fédération de pêche du Rhône a rédigé un article scientifique détaillant cette expérience. Il est consultable ici.


Et voici une présentation du site d'élevage de Besançon
Les écrevisses à pattes blanches de Besançon


2. Life ruisseau de tête de bassin

En 2006, j'ai participé aux opérations expérimentales  de réintroduction de l’écrevisse à pattes blanches dans deux cours d'eau de la réserve de Remoray en Franche-Comté. Dans le cadre de cette action, les écrevisses étaient déplacées d'un cours d'eau à un autre. Il ne s'agissait pas d'une population issue d'un élevage. Les chargés d'étude du programme LIFE avaient pris soin d'étudier durant plusieurs années les caractéristiques du cours d'eau receveur afin de trouver un cours d'eau similaire dans lequel prélever des spécimens. De plus, il ne fallait pas que le prélèvement mette en péril la population du cours d'eau d'origine.

Lors de l'introduction, là-encore, des écrevisses avaient été équipées d’émetteur afin de suivre leurs déplacements.
Les introductions se sont faites au cours de 3 années successives 2006, 2007, 2008.

Pour le premier cours d'eau, une survie d'une année à l'autre a été observée et en 2009 des écrevisses à pattes blanches étaient toujours présentes. Toutefois aucune preuve de reproduction n'était mise en évidence.

Dans le second cours d'eau, la survie d'année en année semblait difficile à mettre en évidence. En revanche, des preuves de reproduction sur site ont été trouvées avec une femelle portant des juvéniles sur l'abdomen en 2009.

Retrouvez l'ensemble de l’expérimentation détaillée dans l'article suivant : Article ré-introduction d'écrevisses

Rappel : le site du LIFE tête de bassin et faune patrimoniale associée : http://www.liferuisseaux.org/

* Merci à Xavier pour cette idée d'article

vendredi 7 juin 2013

Le bassin versant


 Certains d'entre vous ont déjà entendu ce terme sans bien savoir comment le définir.  Petite explication aujourd'hui dans l'hydrobioloblog

1. Définition du bassin versant géographique (topographique)

Quand on parle de bassin versant, on exprime souvent la délimitation d'une aire géographique. Chaque limite étant alors une ligne de partage des eaux. En somme, si l'on se place du point de vue d'une goutte d'eau qui tombe du ciel, elle rejoindra tôt ou tard, un cours d'eau. Si elle rejoint le cours d'eau "A" c'est qu'elle est tombée sur le bassin versant du cours d'eau "A". Sinon, c'est qu'elle est tombée sur le bassin versant d'un autre cours d'eau. 

On peut alors facilement tracer les limites d'un bassin versant sur une carte IGN, en se basant sur les points les plus élevés de la carte.  C'est la topographie qui nous donne alors les indications de lignes de partage des eaux.

Limite du bassin versant géographique (source DIREN île de France)


2. Définition du bassin versant hydrographique

Oui mais, ce n'est pas toujours si simple....! En effet, parfois, des circulations souterraines peuvent lier deux bassins versants qui semblent distincts sur le plan topographique. 

Sur le schéma suivant, de l'eau qui tombe sur le bassin versant topographique de gauche s'infiltre dans le calcaire et ressort dans le bassin versant de droite...

Distinction entre bassin versant réel et bassin versant topographique
D'après Roche - Hydrologie de surface, Ed. Gauthier-Villars, Paris 1963.
Il existe même des cas où l'on pense avoir affaire à deux rivières distinctes alors que la première est une résurgence de la seconde. C'est ce qu'on a découvert notamment pour la Loue et le Doubs, rivières de Franche Comté.

En 1901, une usine d'Absinthe prend feu, frappée par la foudre. Cette usine est située à Pontarlier, ville du Doubs (25), traversée par la rivière du même nom. L'alcool étant hautement inflammable, un employé décide de vider les cuves pour éviter qu'elles n'explosent... Le liquide se déverse alors massivement dans la rivière (et quelques passants se sont servis au passage !). Ce sont plus de 500 000 litres de liquide jaunâtre qui viennent troubler la rivière. L'histoire ne dit pas si les truites locales ont supporté l'apéritif mais en revanche, deux jours plus tard, la source de la Loue se teinte en jaune et présente l'odeur caractéristique de la liqueur. 

Deux découvertes ont ainsi été faites ce jour là :
  • la Loue est en fait une résurgence du Doubs 
  • des colorants sont un moyen de suivre le cheminement souterrain d'une rivière.

Source de la Loue (photo prise en 2002)
 Aujourd'hui encore, l'utilisation d'un colorant appelé fluorescéine permet de tracer les cours d'eau souterrains.

3. Gestion à l’échelle du bassin versant

Quand on étudie une rivière, on comprend alors l'intérêt de travailler à l'échelle de l'ensemble du bassin versant. En effet, tout ce qui se passe "en amont" a des conséquences "en aval". C'est d'ailleurs le principe retenue en France avec le découpage en agence de l'eau représentant les 6 bassins versant majeurs, pour une gestion cohérente.

Les 6 agences de l'eau en France (source http://www.eau-seine-normandie.fr)
Aujourd'hui, même à l'échelle européenne, les préconisations sont faites pour une gestion à l'échelle du bassin hydrographique. Bien évidemment, les choses sont donc parfois complexes puisque les limites administratives ne sont pas du tout calées sur ces limites hydrographiques. Ainsi un territoire (une commune, un département, un parc naturel) peut travailler conjointement avec plusieurs agences de l'eau.


Voici pour terminer une vidéo réalisée par l'Irstea (ex Cemagref) pour expliquer ce qu'est un bassin versant  et les conséquences de sa modification.


Comprendre le bassin versant par Cemagref

jeudi 6 juin 2013

Offres d'emploi MAJ février 2017

Mise à jour 17 janvier 2017

Dans ce poste, je partage les offres d'emploi que l'on me fait suivre ou que je glane sur le net. 

Je vous mets aussi ici les sites qui proposent une banque d'offre d'emploi en environnement et plus particulièrement en hydrobiologie 

1. Les sites qui ont une banque d'offres d'emploi

- Reseau-tee
- Emploi environnement
- Gest'eau
- Oieau
- Rivière Rhône Alpes
- Emploi vert 
- Veille-eau

 Les organismes spécifiques proposent des offres d'emploi directement sur leur site internet
- Agences de l'Eau
- Parcs naturels régionaux
- Réserves naturelles

2. Quelques offres d'emploi en hydrobiologie

 Ingénieur hydro-écologie à Anthony (92), IRSTEA 
 Fiche de poste ici


 Assistant de recherche "dynamique de la biodiversité des têtes de bassin versant, IRSTEA à Lyon (69), IRSTEA
 Fiche de poste ici



lundi 3 juin 2013

Revue de presse Mai 2013

1. PCB 

La carte des rivières polluées par les PCB où la pêche est interdite du fait de ces polluants vient d'être publiée par le Figaro.


L'article du figaro : http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/05/01/01008-20130501ARTFIG00116-pcb-les-poissons-d-eau-douce-menaces.php

Rappel : L'article de l'hydrobioloblog concernant les PCB : http://hydrobioloblog.blogspot.fr/2013/03/pcb-pyralene-et-cie.html

2. La pêche au brochet est ouverte !

Et pour l'occasion, la revue "la pêche et les poissons" a publié sur facebook une sublime photo d'une loutre et "son" brochet.


3. Éradication d'espèce : empoisonnement d'un lac

Au royaume-uni, face à la présence d'une espèce de poisson exotique "Pseudorasbora parva", porteuse d'une maladie qui décime les populations de truites et saumons, il a été décidé d'empoisonner les lacs afin de venir à bout de ce fléau... Un résumé du processus dans cet article de maxisciences.

http://www.maxisciences.com/esp%E8ce-invasive/royaume-uni-des-lacs-empoisonnes-pour-eradiquer-une-espece-invasive_art29507.html

Le débat est ouvert "la gestion des milieux a-t-elle des limites ?"


4. Battement d'ailes du papillon 


Comment une truite entraîne le déclin des wapitis à Yellowstone ou les conséquences non anticipées de l'introduction d'une espèce...