samedi 29 décembre 2012

Régime alimentaire surprenant du Silure

Il y a quelques semaines, je vous faisais partager une vidéo-surveillance d’une passe à poisson.

Cette fois-ci, voici une autre preuve de l’opportunisme des  silures quant à leur régime alimentaire. Tout est parti d’une observation d’un journaliste du magazine “la pêche et les poissons”, Florent Marty. Ce dernier a en effet observer des silures capturer des …. pigeons !!!

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Ces premières observations ont donné lieu à une véritable étude scientifique, dont les résultats ont été publiés dans la revue Plos One (pour lire l’article, c’est ) par Cucherousset, Boulêtreau, Azémar, Compin, Guillaume et Santoul. Ce dernier chercheur est interviewé dans un reportage de France 2 :


“Lors de 24 séances d’observation, ils ont comptabilisé 54 attaques dont 15 ont été couronnées de succès (28%). Ces attaques éclairs durent entre une et quatre secondes. Le silure ne s’en prend qu’aux pigeons actifs et non à ceux qui sont immobiles, ils les repèrent donc grâce aux vibrations. Cette zone est interdite aux pêcheurs… et les silures semblent aussi avoir saisi cette particularité.”

mercredi 26 décembre 2012

Les rivières en tresse

Peut-être êtes vous fan de Tolkien ? Ou tout du moins amateur de cinéma fantastique ? Si oui, vous êtes allés voir « The Hobbit », le dernier né des sagas de Peter Jackson.  Si tel est le cas, vous n’êtes certainement pas restés insensibles aux magnifiques paysages néo-zélandais et peut-être même particulièrement aux rivières …

Pour ma part, ce qui m’a frappé c’est bien entendu la beauté des rivières à tresses de ce pays. Vous ne savez pas ce qu’est une rivière à tresses ? Normal, elles ont quasiment toutes disparues en France.

Ce qu’on appelle « le tressage » est un phénomène naturel morphologique.  Le lit d’une rivière peut être de type torrentiel, en méandre, etc. Tout dépend de différents facteurs dont la pente, le débit, le type de matériaux dans le lit et ce qui découle de tout ça : le transport solide.

Les rivières en tresses sont caractérisées par de multiples chenaux, très mobiles dans l’espace et le temps.

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 Différentes formes de lit fluvial caractéristique de transport solide (Davy and Lague, 2009).

En France, l’endiguement,  l’extraction sédimentaire etc ont eu pour conséquence de modifier cet équilibre “précaire” qu’est le tressage. Ainsi peu de rivières présentent la configuration que l’on observe au milieu sur la figure précédente.

Voici la Drôme qui présente toutefois un fort endiguement latéral.
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Voici donc quelques photos de cours d’eau à tresses à travers le monde :

Le Tagliamento en Italie
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Le Waimakariri en Nouvelle -Zélande
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La Rakaia river en Nouvelle-Zélande
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lundi 24 décembre 2012

Joyeuses fêtes

L’hydrobioloblog vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.

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Illustration : David Thelwell : un auteur bien connu pour ses illustrations de poneys, de scènes de chasse et si vous êtes pêcheur, je vous conseille son livre illustré : “the complet tangler”

mardi 11 décembre 2012

L'hydrobiolostat

Bonjour, c’est pour un sondage ….

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Faites évoluer l’hydrobioloblog ! Prenez une petite minute pour répondre à ce petit formulaire de 7 questions ! Il est totalement anonyme.

Cliquez sur le lien suivant

https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?fromEmail=true&formkey=dGFxSWdmWmQ1UVBQbzFNQUFBQ0ZqeVE6MQ

Et une petite trouvaille : les boules de noël version hydrobiologie
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vendredi 7 décembre 2012

Passe à poisson : garde-manger efficace

Si l’intérêt des passes à poissons n’est plus à démontrer, leur suivi révèle un impact qui n’avait pas toujours été imaginé lors de leur construction.

Cette première vidéo prise à la station de contrôle de la passe à poissons de Golfech (tarn et Garonne) en 2012 a une double efficacité. D’une part, elle démontre bien l’efficacité de la passe à poisson (de nombreuses espèces y transitent). Et d’autre part, elle nous informe de manière directe (sans être obligé d’étudier le contenu de l’estomac) sur le régime alimentaire du silure : le constat est simple, il mange tout ce qui passe à portée de ses moustaches !


Mais parfois ces cameras de contrôle peuvent aussi nous apporter des images émouvantes comme sur celle-ci à la station de contrôle du Marais du Pin (marais poitevin) en septembre 2012 où des loutres ont été filmées.

mardi 4 décembre 2012

Cénotes : trésor du Yucatan

Je ne sais pas si c’est d’entendre parler encore et encore du calendrier maya qui me fait penser à ce sujet mais ce soir, dans l’hydrobioloblog, je vais vous parler d’un trésor peu connu du pays des Maya …

Je vous fais donc partager un des moments forts d’un voyage au Mexique, dans la péninsule du Yucatán. Cette région ne semble pas être un paradis pour hydrobiologiste puisqu’il n’y a pour ainsi dire pas d’eaux de surface ni de rivières. En revanche, il existe des puits naturels (dont la présence explique certainement aussi la présence des Mayas), que l’on appelle « Cénotes » (prononcez avec l’accent espagnol cénotèssss).

Ils résultent de l’effondrement de la couche karstique de surface, par dissolution du calcaire et qui laisse à découvert la nappe phréatique. On pourrait donc en quelque sorte les comparer aux dolines franc-comtoises.

Leur profondeur est très variable, le plus profond du monde (connu à ce jour) atteint plus de 300 m. Leur nombre n’est pas arrêté tant la connaissance de ces trous d’eau est faible. Leur position est parfois connue seulement par les populations locales et leur exploration n’est pas aisée lorsqu’ils se situent au milieu de la jungle. De nombreux cénotes sont reliés entre eux par des rivières sous-terraines et deviennent un terrain de jeu pour les spéléologues plongeurs… Jeu risqué tant la visibilité est variable et les passages sont semblables à des labyrinthes.

Place aux photos pour illustrer ces petits paradis aquatiques, pauvres en végétation mais pour autant pas dénués de vie (petits poissons, quelques insectes cavernicoles, et des chauves souris). Ils servent bien entendu aussi de source d’eau douce pour l’ensemble des espèces terrestres.

1/ Un des plus connus, celui de Chichen Itza, ancienne ville maya, dont le plus grand cénote est sacré
D’ailleurs, “Chi” signifie “bouche” et Chen “puit”. Itza signifie sorcier de l’eau
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2/ Un cénote vu du ciel (google earth)
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3/ Une galerie entre deux cénotes très proches
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4/Piliers stalagmitiques
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5/ Les eaux cristallines d’un cénote
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6/ Cénote Azul
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vendredi 30 novembre 2012

Fraie du Saumon atlantique

Voici une vidéo qui m’a été envoyée par Louis Sauvadet (Association Protectrice du Saumon). Il s’agit de saumons en train de frayer entre Lavoute-Chilhac et le barrage de Poutès, en haute Loire. Nous sommes donc à environ 100 km au sud de Clermont - Ferrand soit près de 850 km de la mer!


lundi 26 novembre 2012

Recréation d'une zone humide Aydat (63)

Voici une première en France : la recréation totale d’une zone humide qui a été comblée par 1 m de remblais il y a 40 ans. L’objectif dans les années 70 était la création d’un espace de loisir (parking, terrain de football etc) mais la réponse du milieu naturel s’est traduite par une dégradation progressive de la qualité du lac.

Nous sommes sur le plus grand lac naturel d’Auvergne, le lac d’Aydat, généré par un barrage volcanique. Depuis 2005, un contrat de rivière a été conclu et est piloté par le syndicat mixte de la Veyre, ce cours d’eau alimentant le lac.

Dans le cadre des actions de lutte contre l’eutrophisation du lac d’Aydat, le contrat de rivière a donc réalisé son projet phare : la reconstitution de l’ancienne zone humide (roselière) à l’entrée du lac. Les objectifs sont multiples, là encore preuve de l’utilité de tels milieux :
  • limiter les apports de phosphore dans le lac depuis la Veyre.
  • créer un pôle environnemental à l’amont du lac
  • augmenter la valeur écologique du site (l’amélioration et la diversification des habitats sont favorables à une végétation typique et à une recolonisation par une faune potentiellement patrimoniale)
  • augmenter la valeur paysagère, mise en valeur du site
Au final cette zone humide joue naturellement le rôle d’épurateur tout en permettant d’améliorer le paysage, c’est un vrai projet gagnant-gagnant !
http://www.smvva.fr/images/actions/v4-illustrations%20authentic-planzh-01.jpg
(schéma et photo issus du site du smvva)

Si vous souhaitez voir le petit reportage réalisé par France 3, allez sur le site suivant :
http://api.dmcloud.net/player/pubpage/4f3d114d94a6f66945000325/509e429694a6f6720402478e/2ef0d666a5e24f83892e9f10d1a93af0?wmode=transparent  (les protections du reportage ne me permettent pas de l’intégrer directement dans le blog).


panorama-zh2

Rappelons qu’en France, en 1 siècle près de 50% des zones humides ont été détruites et qu’aujourd’hui nous en mesurons directement les conséquences sur la qualité de l’eau… Cette initiative sera, je le pense, la première d’une longue série.

samedi 24 novembre 2012

Les éditions Catiche

Merci à mes amis qui connaissent mon affection pour les écrevisses et qui sont venus compléter ma bibliothèque avec ce petit ouvrage  :

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La société Catiche Production est spécialisée dans la production de films, de livres sur la faune, la flore, les milieux naturels, le tourisme rural etc. Elle effectue également des études scientifiques sur la faune sauvage et plus particulièrement sur les milieux aquatiques.
Elle compte de nombreuses publications à son actifs (l’écrevisse à pattes blanches est la dernière née, octobre 2012).

Dans la bibliothèque de l’hydrobioloblog, on peut déjà compter deux ouvrages bien utiles :














Si vous souhaitez acquérir un de ces ouvrages, rendez-vous sur le site suivant : http://www.catiche.fr/ . En plus d’être intéressants et richement illustrés, ces petits fascicules affichent un prix très raisonnable.

vendredi 23 novembre 2012

Rencontres "Eaux, espaces, espèces"

Les 12 et 13 mars 2013, les 2ème rencontres “Eau, espaces, espèces” sont organisées par Plan Loire Grandeur Nature, au centre des congrès à Tours.

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“Ces Rencontres seront l’occasion de présenter des projets réalisés dans le cadre de la plate-forme Eau, espaces, espèces du plan Loire grandeur nature (2007-2013). Au travers d’ateliers thématiques et de plénières, elles permettront d’échanger également à partir d’expériences développées sur d’autres bassins fluviaux en faisant le lien avec l’évolution des politiques publiques (zones humides, trame verte et bleue, stratégie de création d’aires protégées …).

Elles s’adressent aux maîtres d’ouvrage, organismes et institutions concernés par ces thématiques sur le bassin de la Loire ou d’autres fleuves français ou européens. ”

Mardi 12 mars 2013
- matin : bilan et présentation d’actions phares
sur les thématiques eau, espaces, espèces
- après-midi : visites de projets soutenus
dans le cadre du plan Loire
- soirée ligérienne entre patrimoine et culture

Mercredi 13 mars 2013
- matin : ateliers thématiques sur les zones humides
et la biodiversité
- temps d’échange dynamique autour de stands
et d’expositions
- après-midi : plénière de restitution avec témoignages
d’autres plans fleuves et table ronde finale

Le pré-programme est accessible ici : programme rencontres

Caméra téléguidée aquatique

Voici donc une idée de cadeau de Noël (et oui le compte à rebours est bientôt lancé !) : la caméra hydroview de Aquabotix.  Vous pouvez filmer ou prendre des photos sous l’eau, même si la visibilité est médiocre, grâce à ses LED. De plus, si vous êtes adepte de technologie, vous pouvez la diriger grâce à votre ipad ou d’un pc portable.
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Un bon moyen pour jouer au commandant Cousteau, sans plonger dans les eaux froides l’hiver !Les applications actuelles se font plutôt en milieu marin, notamment pour observer l’état de la coque des bateaux. Mais peut-être peut-on l’envisager en aide à l’hydrobiologie ? Peut-être un moyen de filmer facilement des habitats dans les lacs, de préparer ses pêches au filet ou de filmer la fraie des aloses ?
Sous l’eau, elle se déplace à 9km/ et peut tenir 2h sans recharger ses batteries.

Bien entendu, pour acquérir un tel objet, mieux vaut que le père noël n’ait pas subi la crise puisqu’il affiche un prix de 3100 euros.



Et le site : http://www.aquabotix.com/eucat/index.php

dimanche 4 novembre 2012

Une passe à poisson internationale

Le barrage de Chancy-Pougny est un barrage hydro-électrique franco-suisse sur le Rhône. Il est situé à cheval entre la commune d’Avully, canton de Genève et la commune de Pougny, dans l’Ain. Il est exploité à la fois par les services industriels de Genève et la compagnie nationale du Rhône.

passe

Depuis jeudi dernier (8 .11.2012) une passe à poissons de grande envergure a donc été inaugurée. Compte tenu de la particularité du barrage, il s’agit d’une passe à poissons internationale ! Une ouverture des frontières pour les poissons en quelques sortes !

Attendu depuis la mise en service de l’usine en 1925, le projet avait été maintes fois reporté. Avec le renouvellement de la concession en 2003, il était devenu impératif de concilier tous les usages. Ce fut chose faite en 2011.

La passe à poissons, située sur la rive droite du barrage, est constituée de plusieurs bassins qui permettent aux poissons de remonter par palier l’ouvrage et de ressortir à l’amont. Chaque bassin est conçu de façon à dissiper l’énergie de l’eau, d’aménager des zones de repos aux poissons pour qu’ils poursuivent leur progression dans de bonnes conditions.

bassin

C’est un débit spécifique à proximité de la passe, de l’ordre de 4,5 m³/s, délivré par la centrale,  qui permet d’attirer les poissons vers le dispositif. Le débit dans les bassins est quant à lui proche de 1 m³/s. Une nasse située dans le dernier bassin à l’amont, permet quant à elle de s’assurer le l’efficacité du système. Pendant une année, elle va être relevée à intervalles réguliers avec une maintenance journalière.

Chevaines, gardons, barbeaux, ombres communs, truites farios et même brochets devraient être en mesure de franchir le barrage et de retrouver la partie supérieure de l’ouvrage. Et oui, il n’y a pas que les grands migrateurs qui sont concernés par la libre circulation.

SFMCP


Sources principales :
- Article du 10-11-2012 du Dauphiné.
- Site internet de la SFMCP (Société des Force Motrice de Cancy-Pougny) .

samedi 3 novembre 2012

Donnez votre avis : les enjeux de l'eau

Le SDAGE 2016-2021 est en cours de rédaction et afin de cerner les objectifs pour cette nouvelle période, les agences de l’eau vous donnent la parole.  Profitez-en ! 

Dans les petites vidéos suivantes, on vous explique pourquoi on vous consulte sur les questions importantes liées à l’eau.





“L’eau est l’affaire de tous. Tous les citoyens, tous les organismes peuvent participer aux décisions prises dans le domaine de l’eau. L’objet de cette consultation est de vous associer très tôt, bien avant que la stratégie pour l’eau ne soit finalisée. Il s’agit de vérifier que nous sommes d’accord sur les questions à traiter pour obtenir des eaux de qualité, en quantité suffisante et pour avoir des rivières vivantes.”

Pour avoir accès au questionnaire, cliquez sur le lien suivant (vous commencerez par identifier de quelle agence de l’eau vous dépendez, puis vous trouverez le lien vers le site du questionnaire correspondant).

http://www.lesagencesdeleau.fr/une-ambition-pour-la-ressource-en-eau/donnez-votre-avis/ 

Si comme moi vous dépendez de l’agence de l’eau Loire-Bretagne, rendez-vous directement sur ce lien questionnaire Loire Bretagne
 
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mercredi 31 octobre 2012

Saumon atlantique : Tentative de franchissement d’un barrage

Voici quelques vidéo qui témoignent des difficultés qu’ont les saumons à remonter nos rivières pour aller se reproduire.

La première est une petite vidéo diffusée lors des rencontres migrateurs de ce début de semaine…L’association Loire Grands Migrateurs a filmé la migration des saumons et en particulier, voici des saumons qui tentent de franchir un “simple petit barrage” . Les images permettent de comprendre que ces obstacles empêchent la progression des poissons vers les secteurs amont mais génèrent aussi une réelle mortalité des saumons : épuisement, chocs répétés sur le béton ….




Sur cette seconde vidéo, les saumons n’ont pas les capacités de saut suffisantes pour franchir ce barrage… Ils vont s’épuiser après maintes tentatives…


Sur cette dernière vidéo, l’obstacle est équipé d’une passe à poisson, qui ne semble pas (ou plus) être fonctionnelle. Si le saumon finit par tout franchir, il parviendra malgré tout aux zones amont avec un retard (de quelques heures à plusieurs jours) et certainement blessé, ce qui peut aussi compromettre les chances que la fraie fonctionne…


jeudi 18 octobre 2012

Le caniveau c'est pour l'eau de pluie

En lisant les pages du site du syndicat mixte de la rivière Orge aval (Le SIVOA),  je suis tombée sur une campagne d’affiches qu’ils ont mis en place il y a quelques années.

Un petit rappel qui est plutôt utile et une campagne assez efficace à mon sens.

Du fait de la très forte urbanisation dans le périmètre du Syndicat, les eaux pluviales sont fortement polluées (plomb, zinc, hydrocarbures, déchets…). Il faut donc les dépolluer avant de les rejeter à la rivière !  Afin d’éviter le débordement des réseaux d’assainissement lors des orages, les nouvelles constructions sont invitées à faire « zéro rejet » au réseau d’eaux pluviales. Pour informer les riverains et utilisateurs de la rivière, le SIVOA a souhaité communiquer sur « les gestes anodins qui polluent » la rivière : « Ce que vous jetez dans la rue finit dans la rivière ».

Je vous rappelle que la dépollution a un coût qui est obligatoirement répercuté sur votre propre facture de consommation d’eau …

Voici les affiches en question :




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dimanche 14 octobre 2012

La continuité écologique

Vous avez surement entendu parler de continuité écologique, notamment depuis le grenelle de l’environnement. Mais savez-vous réellement ce qui se cache derrière ce terme ?

1. La notion de continuité écologique

Elle a été introduite suite aux objectifs d’atteinte du bon état de nos eaux et de nos rivières. Selon la circulaire officielle, la continuité de la rivière est assurée par:
  • le rétablissement des possibilités de circulation (montaison et dévalaison) des organismes aquatiques à des échelles spatiales compatibles avec leur cycle de développement et de survie durable dans l’écosystème;
  • le rétablissement des flux de sédiments nécessaires au maintien ou au recouvrement des conditions d’habitat des communautés correspondant au bon état.
Cela signifie que l’on souhaite aujourd’hui enlever les entraves à la migration des poissons et autres animaux aquatiques mais aussi les entraves à la circulation des matériaux solides dans les rivières, ces matériaux étant nécessaires à un bon fonctionnement des milieux vis à vis des animaux qui y vivent.

2. Les obstacles à la continuité écologique

Ces ouvrages sont des barrages, des écluses, des seuils, des moulins, etc…

Certains ouvrages sont très anciens, voire historiques. D’autres ont été construits à l’encontre de la règlementation. D’autres sont indispensables à la production d’électricité. Autant de situations différentes qui nécessitent une prise en compte au cas par cas.

La première chose à faire est donc de parfaitement connaître l’ensemble des obstacles et de définir leurs impacts. C’est l’objectif du ROE : Référentiel des Obstacles à l’Écoulement, mis en place par l’ONEMA et ses partenaires. Voici un aperçu de la carte des 60 000 ouvrages déjà recensés ! (source ONEMA)
roe

La création d’obstacle à l’écoulement génère de nombreux impact négatif sur le milieu (la plupart des effets énoncés génère l’effet négatif suivant) :
  •  la ligne d’eau et la pente naturelle du cours d’eau sont modifiées
  •  ralentissement et une uniformisation de l’écoulement
  •  modification de la température
  •  augmentation de l’eutrophisation,(proliférations algales)
  •  baisse de la quantité d’oxygène dissout dans l’eau
  •  diminution de la quantité d’eau à l’étiage (contrairement aux idées reçues), due à l’évaporation plus forte des eaux stagnantes en période estivale
  • un débit réduit à l’aval de l’ouvrage (débit réservé) ou encore de brusques variations de débits (éclusées) en cas de dérivation des eaux
  •  diminution de la capacité auto-épuratrice du cours d’eau
  •  augmentation des hauteurs d’eau en amont de l’obstacle, accompagnée d’une immersion des berges par un élargissement plus ou moins important du cours d’eau
  • rétention des granulats nécessaire pour l’habitat des espèces aquatiques
3. Le rétablissement de la continuité écologique

Le rétablissement de la continuité peut alors se faire de plusieurs manières qui doivent être finement étudiées en fonction des enjeux écologiques mais aussi économiques :
  • effacer le seuil : le moyen le plus pérenne et le plus efficace. Cette solution est possible lorsque l’ouvrage est abandonné, sans usage ou sans intérêt, qu’il soit économique, patrimonial ou paysager.
  • abaissement de l’ouvrage : si le maintien de l’ouvrage présente un intérêt, on peut envisager de diminuer sa hauteur ou de créer une brèche compatible avec le transit des animaux ciblés.
  • l’ouverture des vannes
  • installer des dispositifs de franchissement pour les poissons (ce qu’on appelle communément “passe à poisson”)
  • la non intervention : dans les cas d’ouvrages qui sont déjà bien effondrés ou dont la présence ne génère pas d’impact.
  • une modification de gestion (dans le cas des éclusées par exemple, pour les rendre compatible avec le cycle biologique des poissons ciblés).
Voici un exemple de démantèlement désormais célèbre, le barrage de St Etienne du Vigan, barrant la rivière Allier (photos issue de rivernet.org)

AVANT …
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PENDANT …
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APRÈS…
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Convaincant, non ?
Cet article est en grande partie inspiré de la brochure éditée par l’ONEMA : “Pourquoi rétablir la continuité écologique des cours d’eau ? ” que vous pouvez télécharger ici

mardi 9 octobre 2012

La lamproie de planer

1. Présentation

Aujourd’hui, zoom sur un poisson étrange, méconnu et protégé : la lamproie de Planer. En réalité, il ne s’agit pas d’un poisson au sens propre de la classification mais d’un agnathe : groupe ayant une bouche en forme de cercle, dépourvue d’écaille.  C’est un animal de petite taille ne dépassant pas 20 cm.
La lamproie de Planer

C’est une espèce étonnante qui en fonction des régions peut prendre des noms comme « chatouille » ou encore lamprillon. Certains anciens pêcheurs ont pu l’utiliser comme appât. Aujourd’hui, les données sur l’espèce ne sont pas exhaustives : elle est présente uniquement dans le nord-ouest de l’Europe et est principalement menacée par l’atteinte à son habitat.

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On peut observer la bouche de la lamproie, très caractéristique. Toutefois, contrairement aux autres espèces de lamproie, il ne s’agit pas d’une espèce parasite. Elle a plutôt tendance à filtrer le substrat. En revanche, sa capacité de ventouse lui est utile au moment de créer son nid (elle s’accroche à un caillou et se sert de son corps pour creuser les graviers).

2. Cycle biologique
 
En effet la lamproie de planer à un cycle de vie très particulier qui exige un habitat de bonne qualité.
Arrivées à l’âge adulte, les  lamproies vivent dans les rivières de taille moyenne voire importante. Les lamproies adultes remontent vers les petites rivières pour y trouver des substrats favorables à la fraie et au développement des larves. Les œufs sont alors déposés dans du sable ou du gravier. Les mâles et les femelles se regroupent et creusent le substrat pour former un nid. Voici une vidéo prise en mars 2006, dans une rivière jurassienne (Les Doulonnes).



Les larves vivent ensuite durant plusieurs années (3  à 5 ans) enfouies dans le substrat. Ce dernier ne doit donc pas être colmaté pour bien laisser passer l’eau nécessaire aux larves. L’eau doit elle-même être bien oxygénée.  Le colmatage des fonds de rivière peut alors devenir un véritable frein à la reproduction de l’espèce, ainsi que la pollution des sédiments (métaux lourds par exemple).

lpp qui fait son nid

De ce fait, cette espèce est aujourd’hui protégée et a notamment été intégrée dans le LIFE “ruisseaux de tête de bassin et faune patrimoniale associée”. Pour en savoir plus sur cet outils de protection allez ici : http://www.liferuisseaux.org/index.htm 

Attention à ne pas confondre cette espèce avec la lamproie fluviatile, qui lui ressemble beaucoup mais qui est un grand migrateur : le cycle de vie inclue une phase adulte en mer alors que la lamproie de planer ne migre pas (uniquement à l’échelle du cours d’eau).

dimanche 7 octobre 2012

SDAGE : l'outils de gestion des eaux

Si vous avez lu mon article sur la politique publique de l’eau en France, vous savez à présent ce qu’est une agence de l’eau.

Petite séance de rattrapage en vidéo  ici.

Les agences de l’eau ont donc pour mission de contribuer à l’amélioration de la gestion des eaux. Elles disposent notamment d’un outils appelé “SDAGE” : Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux.
illustration Pierre Botherel
Illustration Pierre Botherel

Ce SDAGE regroupe toutes les orientations et actions à mener, selon un calendrier précis, à l’échelle d’un bassin hydrographique. Il y a donc plusieurs SDAGE en France, autant que d’agences de l’eau - donc 6.

Il est écrit pour une période de 5 ans. Le SDAGE actuel en Loire Bretagne a été adopté en 2009 et s’applique de 2010 à 2015. Il s’impose à toutes les décisions publiques dans le domaine de l’eau et à certaines décisions dans le domaine de l’urbanisme.

Il est temps de réfléchir aux orientations du prochain SDAGE, pour la période 2016 à 2021. Dans ce cadre, en application de la directive cadre européenne sur l’eau, une démarche spécifique de « consultation du public » va être organisée. L’objectif : recueillir l’avis du grand public sur les orientations et les actions proposées par les comités de bassin afin de reconquérir la bonne qualité de nos eaux et de nos rivières.

Cette consultation se fera sous forme de questionnaires, avec parfois des questions ouvertes pour laisser une place importante à votre opinion. Les questionnaires sont en cours de créations et s’articulent autour de plusieurs points majeurs appelés “questions importantes”.

250 personnes, dont moi, se sont réunies à Tours hier, le mardi 2 octobre 2012, pour préparer cette consultation du public. Bientôt, je vous indiquerai donc comment, à votre niveau, vous pouvez participer aux définitions des actions à mener pour la reconquête d’un bon état des rivières et de l’eau.

vendredi 5 octobre 2012

L'hydrobiologie des eaux souterraines

Voici une petite vidéo, réalisée par le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) qui explique ce qu’est l’hydrobiologie sous-terraine et comment on récolte les petits être vivants se trouvant dans les couches plus profondes des rivières.





jeudi 4 octobre 2012

Le plan Loire Grandeur Nature

La Fédération des Conservatoires d’espaces naturels a coordonné un film de 13 mn « Agir pour une Loire grandeur nature ». Ce film vise à mieux comprendre les enjeux et actions engagées pour préserver les richesses naturelles de la Loire.

Ce film explique les grands principes hydrologiques de fonctionnement des rivières, et en particulier de la Loire. Vous verrez comment on peut concilier mobilité naturelle de la Loire et activités économiques à proximité.




Agir pour une Loire grandeur nature par PlanLoire

dimanche 30 septembre 2012

Yabby l'écrevisse australienne

De retour d’un fantastique voyage en Australie je me dois de partager avec  vous cette expérience ! Bien entendu l’un des premiers objectifs de ce voyage était « le safari-photo »… A la recherche des espèces rares, des paysages à couper le souffle et de la lumière de coucher de soleil qui permet de faire flamboyer les couleurs. De nombreux articles à venir me permettront de vous montrer tout ça. Mais aujourd’hui, je vais commencer par vous parler de … l’écrevisse australienne bien sûr !

Malheureusement, la période était peu favorable à l’observation de cette dernière car d’une part nous étions en hiver donc en saison sèche (appelée « dry ») et la plupart des rivières étaient donc à sec. D’autre part, comme toutes les écrevisses, elle s’observe plus favorablement la nuit et il nous était difficile de nous déplacer dans les cours d’eau après le coucher du soleil (les grands parcs naturels ne sont pas ouverts aux touristes la nuit et je ne préférais pas tenter l’expérience de croiser un ranger en n’étant pas dans mon bon droit… De plus, conduire la nuit relève d’une opération suicide vu la circulation des road train et les kangourous qui traversent comme des fous sans gilet jaune).  Je n’ai donc pu l’observer qu’en aquarium.

Bref, je vais donc vous parler de Yabby, l’écrevisse australienne parfois appelée écrevisse de Murray et dont le nom latin est bien antagonique de ce petit nom mignon digne d’un jeu vidéo… En effet, son nom scientifique est Cherax destructor !

Yabby panneau

L’Australie est le pays de tous les superlatifs et contrastes et cette écrevisse illustre finalement assez bien cela.

Elle est assez commune dans les états du sud de l’Australie, plus rare dans le nord. Dans l’état d’Australie occidentale, elle est classée comme envahissante, y ayant été introduite et générant une compétition avec l’espèce locale. Pourtant, elle revêt un statut de protection, jugée vulnérable par l’UICN… Peut-être est-ce lié au fait qu’elle soit strictement endémique de l’Australie.

grosse Yabby
(crédit photo Rob Mc Cormack, issue de NSW aquaculture Association Inc. http://nswaqua.com.au/)

Yabby peut mesurer près de 30 cm de long (je vous rappelle que nos écrevisses autochtones ne mesurent qu’une dizaine de centimètres… Mieux vaut comparer Yabby à un homard…). On la trouve aussi bien en étangs qu’en rivière, en plaine ou en altitude, mais ne semble pas pour autant supporter les températures faibles (inférieures à 16°, elle entre en hibernation). Elle est très résistante à la sécheresse, caractéristique indispensable dans ce pays qui subit le « dry ». Elle peut ainsi vivre dans les cours d’eau intermittents et passer de longues périodes de sécheresse en s’enfonçant profondément dans le substrat et en réduisant son métabolisme.

Son nom d’écrevisse de Murray est  lié au fait qu’elle est issue du bassin de la rivière Murray Darling. En outre, elle constitue un élément important dans le régime alimentaire de la morue de Murray, poisson carnassier d’eau douce, endémique et emblématique de l’Australie.
Capable de détruire les petits barrages lorsqu’elle creuse les berges, elle est parfois aussi problématique à ce sujet dans certains bassins d’Australie, d’où certainement son nom latin. Cette espèce n’est pas du tout présente en France et heureusement car je ne donnerais pas cher de la peau de nos écrevisses à pieds blancs face à ce monstre ! Mais attention car ces caractéristiques et sa couleur souvent très bleutée en font une écrevisse très appréciée des aquariophiles…

Yabby en aquarium

jeudi 6 septembre 2012

Tortue géante des Seychelles

Certes, il s’agit d’une tortue terrestre et nous nous éloignons encore un peu de l’hydrobiologie. Mais j’aime les tortues et les particularités de cette dernière justifient amplement qu’elle soit mise à l’honneur avec un petit poste rien que pour elle. De plus, observée aux Seychelles en 2011, elle donnera un petit goût de voyage en cette période de rentrée.

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Son nom de géante, Aldabrachelys gigantea,  nous indique bien qu’il s’agit de la tortue de tous les superlatifs…
  • La plus grosse : les mâles peuvent atteindre 1,20 m pour 300 kg … Par comparaison, la tortue des Galapagos ne dépasse pas 250 kg.
  • La plus grande longévité : elle peut dépasser  150 ans. Esmeralda, la tortue emblématique de l’île de Bird serait née en 1771 !!
Elle est parfois appelée Dipsochelys elephantina et beaucoup de questions concernant la classification sont encore à l’étude. Elle est parfois considérée comme de la même espèce que la tortue anciennement présente à Madagascar. Les études génétiques actuelles tendent à considérer qu’il s’agit d’une tortue endémique des Seychelles (originaire des Seychelles et ne se trouvant qu’aux Seychelles) et plus particulièrement de l’île d’Aldabra. Aujourd’hui, c’est sur cette île que vit la plus grande population de l’espèce (150 000 individus).

 1/ Biologie

cycle vie tortue

Compte-tenu de sa grande espérance de vie, il n’est pas étonnant qu’elle n’atteigne sa maturité sexuelle que vers 20  ans ! Elle ne pond que 40 œufs par an au maximum avec une incubation  de 110 à 250 jours. La réussite de la reproduction est donc faible, d’autant qu’à la naissance, les petites tortues pèsent moins de 50 grammes… Elles sont donc alors des proies très faciles pour les prédateurs (crabes notamment).

De plus, les noix des cocotiers de mer (les fameuses coco-fesse, endémiques des Seychelles) pouvant atteindre plus de 20 kg, peuvent, lorsqu’elles tombent, sérieusement blesser les tortues qui se réfugient à l’ombre de ces arbres.

blessure de coco fesse
 Blessure liée à une coco-fesse

coco-fesse

2/Mesures de Protection

Longtemps embarquée en masse et consommée sur les navires par les marins parcourant la route des Indes au XVIème siècle, cette tortue fait désormais l’objet de programmes de protection.  Aldabra a été leur refuge car les bateaux ne pouvaient accoster sur l’île. Certaines sous espèces sont proches de l’extinction et aux Seychelles un travail de conservation est dirigé par “The Nature Protection Trust of Seychelles”.

L’espèce a historiquement  été introduite sur l’île Curieuse (Seychelles), où j’ai pu l’observer. Aujourd’hui, une structure de conservation de l’espèce s’y est donc développée, avec nurserie et centre médical adapté. Elle a aussi été introduite sur d’autres îles de l’archipel des Seychelles, toujours dans un but de conservation (cette tortue figure en Annexe II de la Convention de Washington et en Annexe B du règlement communautaire).

Espérons que ce type d’initiative soit suffisant puisque le 24 juin dernier, Georges le solitaire, dernier survivant d’une espèce de tortue géante Geochelone abigdoni est mort dans les îles Galapagos.

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mercredi 29 août 2012

Les écrevisses du Québec

Le Québec  me fascine et, grâce au jumelage avec la ville de Bordeaux,  j’ai pu y travailler 2 mois au cours de l’été 2001. J’ai d’ailleurs passé quelques semaines au service environnement de la ville de Québec (analyses d’eau notamment).

Alors, toujours avec mes écrevisses en tête, je me suis demandée quelles étaient les espèces présentes au Québec ?

Quelques recherches m’ont permis de me constituer une petite base bibliographique et notamment un rapport du Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune :
 LES ÉCREVISSES DU QUÉBEC
Biologie, identification et répartition géographique
Jean Dubé  et Jean-François Desroches

Dont vous pourrez trouver le texte intégral ici : http://www.mrn.gouv.qc.ca/publications/faune/ecrevisses-du-quebec.pdf

Voici une rapide synthèse de ce document mais surtout des éléments, parfois anecdotiques qui m’ont marquée.

Bien évidemment, les espèces d’écrevisses présentes sur le sol québécois ne sont pas les mêmes que celles présentes en France. Sur notre continent, l’écrevisse autochtone est principalement du genre Astacus  alors qu’en Amérique du Nord, il s’agit bien entendu d’Orconectes !
8 espèces au total sont présentes au Québec :

liste écrevisses québec

Le nouveau nom français est celui proposé par les auteurs dans ce document, face à l’absence de nom pour certaines espèces. Parmi ces 8 espèces, 4 sont indigènes au Québec. Toutefois, l’apparition des autres espèces  provient le plus souvent de remontées plus ou moins naturelles depuis les Etats-unis ou du Canada (parfois par le biais de canaux construits par l’homme).

Les espèces indigènes : l’écrevisse à pinces bleues,  l’écrevisse à rostre caréné et l’écrevisse de ruisseau.  L’écrevisse à épines,  est considérée comme indigène récente, bien que sa présence  relève vraisemblablement d’une extension d’aire suite à des transferts anthropiques . Les quatre autres espèces ne sont observées que depuis moins de 20 ans.

L’écrevisse à pinces bleues est l’espèce autochtone par excellence au Québec. Et, comme chez nous, l’écrevisse américaine, ici appelée écrevisse à épine (bien qu’elle soit mentionné comme américaine dans la loi pêche) entre en compétition avec l’écrevisse à pinces bleues et un effet négatif est observé depuis plusieurs dizaine d’années. De plus, un phénomène de croisement entre l’écrevisse à rostre caréné et l’écrevisse à épines est aussi connu, ce qui peut grandement en compliquer l’identification mais aussi compliquer la préservation de l’espèce autochtone.

L’écrevisse à tache rouge, bien qu’encore peu représentée, est envahissante et commence à remplacer l’écrevisse à rostre caréné et l’écrevisse à pinces bleues dans certains états américains . Elle était utilisée aux États-Unis comme appât pour la pêche sportive.
La principale menace identifiée pour les espèces les plus sensibles est l’acidification du milieu (pluies acides). La plupart de ces espèces sont en revanche assez peu sensibles aux métaux lourds bien qu’il y ait une réelle bioaccumulation. Les rejets d’aluminium semblent aussi être identifiés comme néfaste à l’ensemble des espèces.

Une petite anecdote marquante de cette publication concerne la différence dans la manière de mesurer les écrevisses (toutefois,  le système métrique est utilisé). En France, nous mesurons du bout du rostre au bout du Telson alors qu’ici, les écrevisses sont mesurées du bout du rostre à la limite de l’abdomen comme en témoigne cette photo :

mesure écrevisse
Ce petit rapport continent une clef d’identification et présente  assez précisément les zones d’observation pour chacune des espèces.

mardi 21 août 2012

Les poissons aussi prennent des coups de soleil

Une étude australienne / britannique  vient de mettre en évidence que les rayons UV pouvaient être à l’origine de mélanomes chez les poissons. 

Ainsi, les poissons qui évoluent autour de la Grande Barrière de corail, dans l’océan Pacifique, sont atteints d’un cancer. L’étude a été menée plus particulièrement sur la truite de Corial, Plectropomus leopardus (aucun lien génétique avec la truite de nos rivières). Les scientifiques, qui ont publié leurs travaux dans la revue PLoS One, ont ainsi observé que, sur un échantillonnage de 136 poissons, 15 % présentaient des lésions cutanées. Des taches noires couvrant de 5 % de la peau jusqu’à la quasi-totalité pour certaines de ces truites connues habituellement pour leur  couleur orangée.

Les poissons ainsi atteints, sont fragilisés et leur espérance de vie est réduite à 6 mois.

Selon Michael Swett de l’université de Newcastle : “Étudier les maladies des poissons sauvages prend beaucoup de temps et coûte cher. Il est donc difficile de dire depuis combien de temps ces poissons sont malades”- “D’autres travaux devront être réalisés pour établir les causes exactes de ces cancers, mais, après avoir éliminé d’autres facteurs possibles tels que les microbes ou la pollution marine, les rayons UV apparaissent comme la cause vraisemblable”

Les prélèvements des poissons ont été effectués dans deux zones de la Grande Barrière, là où l’on observe régulièrement des trous dans la couche d’ozone stratosphérique, barrière naturelle pour les rayons ultraviolets.

truite de corail avec mélanome
Credit photo: Michelle Heupel/Australian Institute of Marine Science

«Cette étude présente l’intérêt d’être très nouvelle», souligne Évelyne Sage, chercheuse à l’Institut Curie (CNRS). Jusqu’à présent, en effet, on avait pu observer des mélanomes liés aux rayons ultraviolets, mais uniquement sur des poissons hybrides de laboratoire. «Les scientifiques vont devoir contrôler s’il n’existe pas de susceptibilité génétique particulière pour ces truites de corail».

Lien vers  l’article scientifique publié traitant du sujet (en anglais) http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0041989