mardi 9 octobre 2012

La lamproie de planer

1. Présentation

Aujourd’hui, zoom sur un poisson étrange, méconnu et protégé : la lamproie de Planer. En réalité, il ne s’agit pas d’un poisson au sens propre de la classification mais d’un agnathe : groupe ayant une bouche en forme de cercle, dépourvue d’écaille.  C’est un animal de petite taille ne dépassant pas 20 cm.
La lamproie de Planer

C’est une espèce étonnante qui en fonction des régions peut prendre des noms comme « chatouille » ou encore lamprillon. Certains anciens pêcheurs ont pu l’utiliser comme appât. Aujourd’hui, les données sur l’espèce ne sont pas exhaustives : elle est présente uniquement dans le nord-ouest de l’Europe et est principalement menacée par l’atteinte à son habitat.

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On peut observer la bouche de la lamproie, très caractéristique. Toutefois, contrairement aux autres espèces de lamproie, il ne s’agit pas d’une espèce parasite. Elle a plutôt tendance à filtrer le substrat. En revanche, sa capacité de ventouse lui est utile au moment de créer son nid (elle s’accroche à un caillou et se sert de son corps pour creuser les graviers).

2. Cycle biologique
 
En effet la lamproie de planer à un cycle de vie très particulier qui exige un habitat de bonne qualité.
Arrivées à l’âge adulte, les  lamproies vivent dans les rivières de taille moyenne voire importante. Les lamproies adultes remontent vers les petites rivières pour y trouver des substrats favorables à la fraie et au développement des larves. Les œufs sont alors déposés dans du sable ou du gravier. Les mâles et les femelles se regroupent et creusent le substrat pour former un nid. Voici une vidéo prise en mars 2006, dans une rivière jurassienne (Les Doulonnes).



Les larves vivent ensuite durant plusieurs années (3  à 5 ans) enfouies dans le substrat. Ce dernier ne doit donc pas être colmaté pour bien laisser passer l’eau nécessaire aux larves. L’eau doit elle-même être bien oxygénée.  Le colmatage des fonds de rivière peut alors devenir un véritable frein à la reproduction de l’espèce, ainsi que la pollution des sédiments (métaux lourds par exemple).

lpp qui fait son nid

De ce fait, cette espèce est aujourd’hui protégée et a notamment été intégrée dans le LIFE “ruisseaux de tête de bassin et faune patrimoniale associée”. Pour en savoir plus sur cet outils de protection allez ici : http://www.liferuisseaux.org/index.htm 

Attention à ne pas confondre cette espèce avec la lamproie fluviatile, qui lui ressemble beaucoup mais qui est un grand migrateur : le cycle de vie inclue une phase adulte en mer alors que la lamproie de planer ne migre pas (uniquement à l’échelle du cours d’eau).

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