mercredi 13 mars 2013

Quand les poissons et les canoës sont alliés !

La passe à poissons "mixte" de Rochepinard sur le Cher (37)

Au cours des 2èmes rencontres "Eau, Espaces, Espèces" étaient organisées des sorties sur le terrain permettant notamment de visiter la passe de Rochepinard sur le Cher.

Cette passe revêt un caractère très spécial, voire unique et est la preuve qu'urbanisme, activité sportives, protection des espèces et respect de la continuité écologique peuvent être compatibles à un même endroit. Au cœur de Tours, le Cher a été totalement artificialisé. Il a d'abord été surdimensionné, naturellement d'une largeur d'environ 80 m, il en fait maintenant plus de 200.  Puis une île a été créée ( parc Balzac) séparant le Cher en deux bras dont les écoulements étaient très faibles (en raison de l'étalement de l'eau sur ce lit surdimenssioné). Afin de retrouver une lame d'eau plus conséquente et permettre des activités nautiques en amont, les deux bras sont barrés, chacun par un ouvrage à clapets (ces ouvrages permettaient aussi une navigabilité).

Bien entendu, ces deux ouvrages étaient totalement infranchissables pour les poissons migrateurs du site : alose, anguille, lamproies, truites de mer. Pourtant, il s'agissait du premier verrou sur le Cher dont la transparence pouvait permettre l'accès à une grande partie du bassin versant. Les ouvrages étaient donc ouverts 2 mois par an en période de forte migration uniquement. 

Pour répondre à cette problématique, la solution retenue a consisté en la création totale d'une rivière artificielle. 

Or l'association de kayac souhaitait créé depuis un moment un stade d'eaux vives, pour lequel ils avaient des financements de la direction des sports. Ces financements n'étaient cependant pas suffisants pour un tel projet. De la même manière, les financements pour la création d'une passe à poissons étaient limités. 

C'est ainsi que vit le jour, en 2011, ce projet commun de rivière de contournement, artificielle, à grand débit. Elle présente ainsi deux fonctions : 
- une passe à poissons pour un franchissement fractionné et une pente douce du dénivelé du barrage d'environ 2,40 m de haut
- un couloir hydraulique pour la pratique d'activités ludiques sportives d'eau vive.


Plan de composition d'ensemble, (fourni par le plan Loire Grandeur Nature)

Tout à l'amont de cette rivière, un clapet "toit" permet de réguler le débit dans la rivière, aussi bien en fonction des activités sportives que des périodes de migrations et des besoins des différentes espèces. 


vue du clapet "toit", en position fermée, depuis l'aval



De chaque côté de ce "toit", trois passes spécifiques sont présentes. En rive droite une passe à bassins équipée d'une vitre pour un suivi potentiel des remontées. En rive gauche, une passe à déflecteurs et une passe à plots ( pour les anguilles). Cet ensemble d'équipements permet d'assurer une remontée des poissons à une gamme de débits plus importante et lorsque le toit est fermé. Un substrat favorable aux anguilles a de plus été installé près des rives de la rivière artificielle. 

passe à anguilles




Et voici donc la vue globale de cette rivière de contournement, équipée des portes nécessaires aux kayakistes. Ce stade d'eaux vives permet d'accueillir des compétitions de très haut niveau comme d'initier les débutants. 



Le projet a été porté par la communauté d'agglomération Tours plus.

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